• Cours de change
  • 4 399,93 AR
  • |
  • $3 987,83 AR
Copyright Image : © Bianco
Image
Nationale

Lutte contre la corruption : Madagascar passe au crible des experts internationaux

01/07/2026 11:10 © Moov.Mg

Jusqu'au 2 juillet, Madagascar est soumis à une évaluation internationale de sa lutte contre la corruption. Des experts venus de Djibouti et de Tanzanie examinent notamment les mesures prises pour prévenir les actes de corruption et récupérer les biens acquis illicitement. Cet exercice, inscrit dans le cadre de la Convention des Nations Unies contre la corruption, permettra de mesurer les avancées du pays, mais aussi les réformes qu'il lui reste à mener.

Convention relative à la prévention de la corruption

Depuis le 30 juin et jusqu'au 2 juillet 2026, Madagascar accueille une mission d'experts mandatés par Djibouti et la Tanzanie dans le cadre du deuxième cycle du Mécanisme d'examen de l'application de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC). Cette visite-pays marque une étape importante du processus d'évaluation par les pairs auquel sont soumis les États ayant adhéré à cette convention internationale. Durant ces trois jours, les examinateurs échangent avec les principales institutions nationales engagées dans la lutte contre la corruption. Les discussions sont coordonnées par le Comité pour la Sauvegarde de l'Intégrité (CSI) et le Bureau Indépendant Anti-Corruption (BIANCO), avec l'appui technique de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

L'objectif est d'apprécier dans quelle mesure Madagascar applique les dispositions de la Convention relative à la prévention de la corruption et au recouvrement des avoirs issus d'activités illicites. Une grande partie des travaux porte sur les mesures destinées à empêcher les pratiques de corruption avant qu'elles ne surviennent. Les experts examinent ainsi les progrès réalisés par Madagascar pour renforcer son dispositif de prévention.

Stratégie nationale de lutte contre la corruption

Ces dernières années, plusieurs réformes ont été engagées. Madagascar s'est doté d'une Stratégie nationale de lutte contre la corruption pour la période 2025-2030, a poursuivi le renforcement des institutions du Système anti-corruption et déploie progressivement des politiques internes de lutte contre la corruption au sein des ministères.

Les évaluateurs s'intéressent plus particulièrement aux secteurs les plus exposés aux risques de corruption, notamment le foncier, les marchés publics, les douanes, les services de sécurité, la justice ainsi que la gestion des ressources naturelles. Ils analysent l'efficacité des dispositifs existants, leur application concrète et leur conformité avec les exigences de la Convention. L'exercice doit également permettre d'identifier les insuffisances persistantes. Certaines dispositions de la Convention restent encore partiellement appliquées ou n'ont pas encore été entièrement intégrées dans la législation nationale. D'autres mesures existent sur le papier, mais leur mise en œuvre demeure limitée ou inégale selon les institutions.

Le défi du recouvrement des avoirs illicites

L'autre volet majeur de cette mission concerne la capacité de Madagascar à retrouver, saisir et restituer les biens issus de la corruption. Les experts examinent les progrès accomplis depuis la création de l'Agence de recouvrement des avoirs illicites (ARAI), ainsi que le renforcement des Pôles Anti-Corruption (PAC). Ils évaluent également les mécanismes de coopération entre les différentes institutions nationales et leurs partenaires étrangers.

Les discussions portent notamment sur la traçabilité des flux financiers, les procédures de gel, de saisie et de confiscation des biens, ainsi que sur les délais rencontrés dans ces démarches souvent complexes. La coopération internationale occupe aussi une place importante dans les échanges, qu'il s'agisse de l'entraide judiciaire, de l'extradition des personnes recherchées ou du partage d'informations entre États. Les experts analysent enfin les mécanismes de restitution des avoirs récupérés et la coordination entre les juridictions compétentes, l'ARAI et les différents services spécialisés.

Renforcement de la transparence

Pour les responsables malgaches chargés du suivi de ce processus, cette évaluation dépasse le simple cadre d'un contrôle international. Ils estiment qu'elle constitue une occasion d'accélérer les réformes engagées afin de renforcer la transparence, d'améliorer la coordination entre les institutions et de consolider l'État de droit. Les conclusions qui seront formulées permettront d'identifier les bonnes pratiques, mais aussi les ajustements nécessaires pour rapprocher davantage le dispositif national des standards internationaux.

Selon les points focaux, l'enjeu est également de conforter la confiance des citoyens dans les institutions publiques tout en garantissant une gestion plus intègre des ressources de l'État. Lors de la cérémonie d'ouverture organisée à Ivandry, le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a rappelé que la lutte contre la corruption constitue un pilier des réformes engagées dans l'intérêt du peuple malgache. Selon lui, cette démarche participe également à l'assainissement du climat des affaires et au renforcement du développement national.

Lire la suite

Articles Similaires