Lova Ratovomalala - « Protéger la nature, c’est protéger le tourisme »
Entre richesse naturelle et menaces écologiques, le tourisme durable à Madagascar cherche son équilibre.
Un équilibre fragile
Plus de 500 millions d’euros de recettes annuelles proviennent du tourisme durable à Madagascar. La Grande Île concentre environ 5 % de la biodiversité mondiale, près de 90 % d’espèces endémiques et plus de 120 aires protégées. Ces atouts placent le pays parmi les destinations naturelles les plus remarquables, où l’environnement constitue le cœur de l’offre touristique.
Selon Lova Ratovomalala, consultant expert en stratégie et développement touristique et non moins ancien directeur exécutif de la Confédération du Tourisme de Madagascar, le tourisme durable représente environ 70 % des réservations vers la Grande Île. Cette tendance confirme l’intérêt croissant des voyageurs pour les expériences authentiques, proches de la nature. Cependant, ce patrimoine subit de fortes pressions. En 60 ans, près de 6 millions d’hectares de forêts disparaissent sous l’effet des feux de brousse, de l’agriculture sur brûlis, de la production de charbon de bois et des exploitations illégales.
Impact du changement climatique
Dans des zones touristiques comme Nosy Be, la gestion des déchets reste un problème, selon lui. Chaque personne génère environ 2,5 kg de déchets par jour, soit plus du double de la moyenne mondiale. Cela pèse sur les écosystèmes locaux. Le changement climatique aggrave la situation. Il provoque l’érosion des sols, fragilise les côtes et augmente les catastrophes naturelles. Ces phénomènes menacent le tourisme. « Sans action, les conséquences risquent de s’aggraver : dégradation de la nature, baisse de la qualité des séjours, recul des visiteurs et perte de revenus locaux » explique ce cadre.
Face à ces enjeux, Lova Ratovomalala fixe trois priorités. D’abord, renforcer la protection de la nature dans les politiques publiques. Cela passe par des lois mieux appliquées et plus de sensibilisation. Ensuite, accélérer le tourisme durable. Cela passe par une meilleure gestion des déchets et plus de responsabilité des entreprises. Enfin, augmenter les financements pour les projets verts et les infrastructures. Cela inclut aussi le développement des énergies renouvelables. Pour lui, le tourisme durable reste essentiel pour l’économie de Madagascar. Protéger la nature soutient le développement du pays. L’action collective devient urgente et nécessaire.




