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Nationale

Corruption à Ivato et affaire des onze Chinois : les autorités sommées de faire leurs preuves

21/10/2026 13:06 © Moov.Mg

Le président de la Refondation, Michaël Randrianirina, a dénoncé hier 20 octobre, des défaillances dans les contrôles à l’aéroport international d’Ivato et réclamé des changements de personnel. Dans le même temps, l’affaire des onze ressortissants chinois libérés après leur transfert entre deux prisons continue de soulever des questions sur le respect des procédures et l’établissement des responsabilités.

Des failles dans les contrôles

Le ton est ferme. Le 20 octobre 2026, à l’aéroport international d’Ivato, le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, a vivement critiqué les pratiques de certains services chargés du contrôle aux frontières. Accompagné du Premier ministre et de plusieurs membres du gouvernement, il a rencontré les responsables présents sur la plateforme aéroportuaire. « Les passoires qui laissent sortir les marchandises et les personnes de Madagascar, ce sont les équipes qui travaillent ici, à Ivato, et qui favorisent la corruption », a-t-il déclaré.

Le chef de l’État a évoqué des plaintes concernant des agents qui réclameraient de l’argent aux voyageurs. Des membres de la diaspora auraient notamment signalé des demandes comprises entre 10 et 20 euros. Aucun bilan détaillé n’a toutefois été présenté pour mesurer l’ampleur de ces pratiques dénoncées. Michaël Randrianirina a également rappelé que nul ne devait bénéficier d’un traitement de faveur lors des contrôles. Il a même cité quelques noms, qu’il a associés à des plaintes concernant des traitements particuliers, et demandé leur changement d’affectation.

Douanes, PAF et BIANCO sous le feu des critiques

Les critiques présidentielles visent notamment les Douanes et la Police de l’air et des frontières (PAF). Le président a demandé le remplacement des équipes concernées et appelé le Premier ministre à prendre des mesures. Il s’est également interrogé sur l’efficacité du dispositif anticorruption, alors que le Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO) est présent à Ivato. Ces déclarations mettent en question le suivi des signalements et les suites données aux éventuels cas détectés, sans constituer pour autant une preuve d’implication du BIANCO dans des pratiques illicites.

Le chef de l’État a, par ailleurs, dénoncé des tensions entre certains douaniers et des gendarmes envoyés par la présidence pour surveiller les opérations à l’aéroport. Selon les propos rapportés, certains agents percevraient ces contrôles comme une entrave à leurs activités. « Ceux qui n’osent pas lutter contre la corruption n’ont qu’à partir », a-t-il lancé. Au-delà des avertissements, les suites concrètes restent à préciser. Les changements d’affectation évoqués devront être distingués des décisions effectivement mises en œuvre. L’efficacité de la réponse dépendra également de la vérification des plaintes, de l’identification des responsabilités et des éventuelles sanctions.

Onze ressortissants chinois libérés : des irrégularités dénoncées

L’intervention présidentielle a également porté sur l’affaire des onze ressortissants chinois libérés après leur transfert entre deux établissements pénitentiaires. Selon les informations communiquées par le ministère de la Justice, cinq détenus ont été transférés de la prison d’Avaradrano à celle d’Antanimora le 21 août 2026. Ils auraient été libérés 50 minutes après leur admission. Le 25 août, six autres ressortissants auraient suivi le même parcours, avant d’être libérés 32 minutes après leur admission. Le ministère a dénoncé des irrégularités, indiquant qu’aucun document officiel ne justifiait ces libérations. Des démarches ont été annoncées pour identifier les personnes impliquées.

L’affaire a pris une nouvelle dimension après les accusations de Mohamed Razafimberison, secrétaire général du syndicat des personnels de l’administration pénitentiaire, qui affirme que les libérations auraient été ordonnées par la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo. Cette dernière a catégoriquement rejeté ces accusations et déclaré que l’enquête devait établir les responsabilités de chacun.

Le 19 octobre, la ministre a indiqué que quatre des onze ressortissants avaient quitté Madagascar, tandis que les sept autres étaient toujours recherchés sur le territoire national, selon les informations rapportées par la presse locale. Le président de la Refondation a également affirmé que des éléments vidéo étaient examinés et que plusieurs noms auraient été identifiés. Leur portée devra être évaluée dans le cadre de l’enquête.

Des responsabilités à établir

Les deux affaires soulèvent une même question : la capacité des institutions à faire respecter les règles et à prévenir les abus en leur sein. À Ivato, les autorités devront préciser les mesures prises pour renforcer les contrôles, traiter les plaintes et encadrer les pratiques des agents. Dans l’affaire pénitentiaire, l’enquête devra notamment déterminer qui a autorisé les transferts, sur quelle base les libérations ont été exécutées et comment les détenus ont pu quitter leur lieu de détention sans les validations requises, selon le ministère.

Les mutations et les déclarations de fermeté ne suffiront pas, à elles seules, à dissiper les doutes. La crédibilité de l’action publique reposera sur des faits établis, des procédures transparentes et des suites administratives ou judiciaires clairement documentées, dans le respect de la présomption d’innocence. Les autorités sont désormais attendues sur leur capacité à transformer les accusations en enquêtes rigoureuses, puis à rendre compte publiquement de leurs conclusions.

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