Cyberattaque - Les équipements frigorifiques sous surveillance dans l’océan Indien
Les équipements frigorifiques présents dans l’océan Indien pourraient être exposés aux cyberattaques.
Menace informatique
Des pirates informatiques ont pris le contrôle à distance des systèmes de froid de plusieurs centaines de supermarchés en France, dans la nuit du 11 au 12 octobre 2026. Cette attaque a provoqué d’importantes pertes de marchandises. Face à cette situation, l’Observatoire de la cybersécurité de l’océan Indien (OCOI) appelle les organisations de la région à renforcer leur vigilance. Les pirates ont notamment modifié les cycles de dégivrage des équipements frigorifiques, perturbant ainsi la conservation des produits. Selon le fabricant Danfoss, les équipements touchés étaient anciens ou ne disposaient pas des dernières mises à jour de sécurité. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris.
Le 13 octobre, le CERT-FR, le centre français chargé de surveiller les menaces informatiques, a élargi son alerte à d’autres équipements. Outre certains systèmes de Danfoss, celle-ci concerne désormais les contrôleurs xweb de Copeland et de Dixell. Le CERT-FR estime que les attaques pourraient se poursuivre. Pour le moment, le mode opératoire des pirates reste inconnu. Dans l’océan Indien, aucun incident similaire n’a été signalé. Toutefois, l’OCOI invite les organisations à prendre cette menace au sérieux. « Ce type d’équipement est présent sur nos territoires, de La Réunion à Mayotte, en passant par Maurice, Madagascar, les Comores et les Seychelles », rappelle Chafik Mohamed, président de l’OCOI. Une telle attaque pourrait avoir des conséquences importantes dans la région. Les territoires insulaires dépendent en effet des approvisionnements extérieurs pour de nombreux produits. Une panne de la chaîne du froid risquerait donc d’entraîner des pertes de marchandises et des difficultés d’approvisionnement.
CyberMois Océan Indien
Les spécialistes recommandent aux entreprises de vérifier rapidement la sécurité de leurs équipements. Bruno Laderval, directeur associé de SOOBIK Solutions à La Réunion, rappelle que l’éloignement géographique ne protège pas contre les cyberattaques. À Maurice, Maxime Morel-Bailly, responsable du pôle cybersécurité et infrastructure chez Esokia, souligne que certains équipements continuent de fonctionner sans recevoir de mises à jour de sécurité. Leur présence sur plusieurs sites peut faciliter une attaque de grande ampleur.
L’OCOI conseille ainsi aux organisations de faire vérifier leurs équipements accessibles depuis Internet. Les supermarchés, les entrepôts frigorifiques et les chambres froides doivent notamment contrôler les accès à distance, mettre à jour leurs systèmes et changer les mots de passe par défaut. Les connexions doivent également passer par un réseau sécurisé ou un VPN. L’organisation rappelle qu’une simple réinitialisation ne suffit pas si les équipements restent vulnérables. En parallèle, l’OCOI poursuit ses actions de sensibilisation dans le cadre du CyberMois Océan Indien 2026. Après La Réunion et Maurice, les prochaines rencontres auront lieu aux Comores le 15 octobre, puis à Mayotte les 22 et 23 octobre.





