CARBURANTS – Le FMI questionne le coût des subventions
Les subventions aux carburants continuent de peser sur les finances publiques malgaches. Pour le FMI, elles profitent surtout aux ménages qui consomment le plus de carburant, tandis que les foyers modestes en tirent moins directement avantage.
Qui profite des subventions ?
Le constat présenté par le FMI repose notamment sur les habitudes de consommation. « La majeure partie des subventions bénéficie aux plus riches », a expliqué Constant Lonkeng, chef de mission du FMI pour Madagascar, le 01er octobre, lors de la présentation des dernières revues des programmes de la FEC et de la FRD. Les ménages qui utilisent davantage d’essence ou de gasoil bénéficient mécaniquement davantage du maintien de prix subventionnés. À l’inverse, les foyers modestes qui consomment peu de carburant, notamment du pétrole lampant, profitent moins directement de ces aides. Pour le FMI, l’argent consacré à ces subventions pourrait être utilisé autrement, notamment pour financer la santé, l’éducation, les routes ou encore la protection sociale. Mais une telle réorientation ne réglerait pas à elle seule la question du pouvoir d’achat. Une hausse des prix à la pompe peut aussi se répercuter sur les transports et sur le prix des marchandises.
Éviter un choc sur les ménages
C’est tout l’enjeu de la réforme défendue par le FMI : réduire progressivement le coût des subventions sans provoquer une hausse brutale des prix. Madagascar dispose déjà d’un mécanisme d’ajustement des prix pétroliers destiné à amortir les variations des cours internationaux. L’institution insiste également sur la nécessité de mettre en place des mesures ciblées pour les ménages les plus vulnérables. L’idée est que les économies réalisées sur les carburants puissent financer d’autres dépenses publiques et bénéficier davantage aux populations qui en ont besoin. Cette question intervient alors que la hausse des cours du pétrole exerce une pression sur les importations malgaches. Pour Constant Lonkeng, l’État devra aussi augmenter ses recettes, notamment en élargissant l’assiette fiscale. Le FMI projette une croissance de 3,8 % pour Madagascar en 2026, mais le financement des dépenses publiques reste un enjeu majeur.




