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Economie

Développement : le Rapport 2026 de la BAD révèle le poids économique des aires protégées de Madagascar

17/09/2026 13:02 © Moov.Mg

Les aires protégées de Madagascar génèrent une valeur économique estimée à environ 410 millions de dollars américains par an. Dans son Rapport pays 2026, la Banque africaine de développement (BAD) présente ce chiffre comme une illustration du potentiel du capital naturel pour créer des revenus et contribuer au financement du développement.

410 millions de dollars générés chaque année

Les aires protégées pourraient constituer une source économique bien plus importante qu’il n’y paraît. Selon le Rapport pays 2026 de la BAD, elles contribueraient à hauteur d’environ 410 millions de dollars américains par an à l’économie nationale. Cette estimation prend notamment en compte les services rendus par les écosystèmes, le stockage du carbone et le potentiel de l’écotourisme. Le chiffre donne une autre dimension à la conservation de la biodiversité. Les espaces naturels protégés ne sont pas seulement considérés comme des territoires à préserver. Ils représentent également des actifs écologiques susceptibles de contribuer aux revenus du pays et à la mobilisation de financements.

Cette contribution s’inscrit dans un patrimoine naturel particulièrement important. Le capital naturel représenterait environ 49 % de la richesse nationale, souligne la BAD. L’agriculture, la foresterie et la pêche contribuent, pour leur part, à environ 25 % du produit intérieur brut et emploient près de 75 % de la population active. Le ministère de l’Environnement estime également à près de 500 millions de dollars la valeur économique globale des réserves naturelles. Pour la BAD, ces données montrent l’importance de considérer la biodiversité et les ressources naturelles comme des composantes à part entière de la richesse du pays.

La nature comme levier de financement

Le rapport explore ainsi la possibilité de transformer cette richesse naturelle en nouvelles sources de financement. Les revenus liés à la biodiversité, les marchés du carbone ou encore une meilleure valorisation des ressources naturelles pourraient contribuer à élargir les marges de manœuvre financières de l’État. La BAD évoque également plusieurs instruments pouvant être mobilisés, notamment les obligations vertes et bleues, les échanges dette-nature et les mécanismes de financement mixte. Ces dispositifs pourraient notamment contribuer au financement des infrastructures, des énergies renouvelables et de la résilience face aux changements climatiques.

La valorisation du capital naturel ne signifie toutefois pas accroître simplement l’exploitation des ressources. La BAD appelle Madagascar à dépasser un modèle essentiellement fondé sur l’exportation de matières premières et à développer davantage la transformation locale. Dans cette perspective, les ressources forestières, agricoles, halieutiques et minières doivent pouvoir générer davantage de valeur au sein de l’économie nationale. La biodiversité peut également soutenir la recherche, la bioéconomie, l’écotourisme et de nouvelles activités liées à la transition écologique.

Des financements indispensables au développement

Cette réflexion intervient alors que les besoins financiers du pays restent considérables. Madagascar devrait mobiliser 7,27 milliards de dollars par an d’ici à 2030 pour financer ses Objectifs de développement durable et accompagner sa transformation structurelle, selon le rapport. La BAD projette, par ailleurs, une croissance du PIB de 3 % en 2026, avant une reprise à 4,5 % en 2027, notamment grâce aux secteurs extractif, touristique et des télécommunications. Dans ce contexte, les 410 millions de dollars annuels associés aux aires protégées illustrent une piste parmi d’autres pour diversifier les sources de financement.

La conversion du capital naturel en ressources financières reste néanmoins conditionnée à une gouvernance solide. La BAD souligne la nécessité de renforcer la transparence budgétaire, la comptabilité du capital naturel et les institutions chargées de la gestion des ressources.

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