Croissance économique de Madagascar : la BAD prévoit un rebond à 4,5 % en 2027, mais le financement reste un défi
Après un ralentissement à 3,2 % en 2025, l’économie malgache devrait connaître une reprise à partir de 2027, avec une croissance du PIB projetée à 4,5 %, selon le Rapport pays 2026 de la Banque africaine de développement (BAD). Une accélération qui nécessitera toutefois d’importantes capacités de financement.
Une reprise attendue dès 2027
L’économie malgache devrait retrouver une trajectoire plus favorable à moyen terme. Après une croissance de 4,3 % en 2024, le rythme de croissance de l’économie est tombé à 3,2 % en 2025. La BAD prévoit un nouveau ralentissement en 2026, à 3 %, sous l’effet des pressions extérieures persistantes et de contraintes structurelles internes.
Le scénario devient toutefois plus favorable à partir de 2027. La croissance du PIB est alors projetée à 4,5 %. Cette reprise devrait notamment s’appuyer sur les performances des industries extractives, du tourisme et des télécommunications. La poursuite des investissements dans les infrastructures ainsi que l’amélioration progressive du climat des affaires devraient également contribuer à soutenir cette dynamique. Cette perspective de reprise intervient dans un contexte où Madagascar doit relever un important défi de financement. Selon le rapport de la BAD, le pays devra mobiliser environ 7,27 milliards de dollars par an d’ici à 2030 afin de financer son développement, accélérer sa croissance et accompagner la transformation structurelle de son économie.
Diversifier les sources de financement
Ce besoin de ressources concerne notamment la capacité du pays à financer ses investissements et à créer les conditions nécessaires à une croissance plus durable et inclusive. Pour la BAD, l’enjeu ne consiste donc pas uniquement à améliorer les indicateurs de croissance, mais aussi à renforcer les mécanismes permettant de transformer cette croissance en investissements productifs.
Dans son rapport intitulé « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de Madagascar dans un monde fragmenté », la BAD insiste sur la nécessité de diversifier les sources de financement. L’objectif est de renforcer à la fois la mobilisation des ressources intérieures et la capacité à attirer des financements extérieurs, dans un environnement international devenu plus contraignant. Pour Adam Amoumoun, responsable du bureau pays de la BAD à Madagascar, l’accélération des réformes destinées à diversifier les sources de financement et à renforcer la capacité de mobilisation des ressources devient nécessaire. Il met également en avant l’importance d’améliorer la capacité de mise en œuvre des programmes d’investissements productifs.
Le potentiel des secteurs porteurs
La reprise attendue en 2027 repose sur plusieurs secteurs considérés comme des moteurs potentiels de l’économie. Les industries extractives, le tourisme et les télécommunications figurent parmi les activités susceptibles de soutenir davantage la croissance. Les investissements dans les infrastructures devraient également jouer un rôle important. Cette évolution dépendra toutefois de la capacité à lever les contraintes qui freinent encore l’économie malgache. La BAD estime que des réformes appropriées pourraient permettre au pays de mieux exploiter son potentiel économique et d’accroître sensiblement la mobilisation des ressources domestiques et extérieures.
La question du financement du développement dépasse ainsi la seule recherche de nouveaux capitaux. Elle renvoie également au renforcement du système financier et à l’amélioration des capacités de mobilisation des ressources. Dans cette perspective, Kevin Urama, économiste en chef et vice-président du Groupe de la BAD chargé de la Gouvernance économique et de la Gestion des connaissances, a encouragé les autorités malgaches à accélérer la mise en œuvre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD). Cette initiative vise à renforcer les mécanismes africains de financement du développement.




