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Economie

Accord sur la pêche durable : Madagascar et l’UE remettent les quotas et les financements sur la table

11/09/2026 15:46 © Moov.Mg

Le futur accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable (APPD) entre Madagascar et l’Union européenne se prépare. Bruxelles a recommandé l’ouverture de négociations, alors que le protocole actuel arrivera à échéance en juin 2027. Les discussions devraient débuter au quatrième trimestre 2026, avec plusieurs enjeux environnementaux, économiques et sociaux sur la table.

Un accord actuel jugé globalement satisfaisant

La Commission européenne a officiellement recommandé, le 10 septembre 2026, l’ouverture de négociations avec Madagascar en vue de conclure un nouvel accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable (APPD), ainsi que son protocole de mise en œuvre. Cette démarche intervient plusieurs mois avant l’expiration du protocole actuel, prévue le 30 juin 2027. L’objectif est notamment d’anticiper cette échéance et d’éviter une interruption de la coopération entre Madagascar et l’Union européenne dans le secteur de la pêche. Les premières discussions sont attendues dès le quatrième trimestre de cette année.

Le partenariat en vigueur a été signé le 30 juin 2023 et appliqué à partir du 1er juillet de la même année. Il permet notamment à des navires thoniers européens, principalement originaires d’Espagne, de France, d’Italie et du Portugal, d’accéder aux eaux malgaches. En contrepartie, l’Union européenne verse chaque année 1,8 million d’euros à Madagascar. Sur cette somme, 1,1 million d’euros est consacré directement à l’appui sectoriel de la filière halieutique.

L’évaluation réalisée par la Commission européenne considère le bilan de cet accord comme globalement positif. Le partenariat contribue à soutenir l’économie de la pêche à Madagascar, tout en assurant aux opérateurs européens un accès aux ressources en thonidés et autres espèces hautement migratoires.

Des quotas largement sous-utilisés

La préparation du prochain accord intervient toutefois dans un contexte marqué par une utilisation limitée des possibilités de pêche accordées à la flotte européenne. Selon le document accompagnant la recommandation de la Commission européenne, le taux d’utilisation moyen des quotas n’a atteint que 48 %. Cette situation devrait constituer l’un des principaux points des futures négociations. L’enjeu sera notamment de rapprocher les possibilités de pêche négociées des capacités réelles de capture des armateurs européens. Une réduction des volumes de pêche autorisés aurait également une conséquence financière pour Madagascar, puisqu’elle entraînerait une baisse de la contrepartie financière de base. Les paramètres économiques du futur protocole devront donc être discutés en parallèle des volumes de capture.

Par ailleurs, le futur APPD devrait accorder une place plus importante au développement de la filière malgache. Parmi les priorités identifiées figure le renforcement du soutien aux communautés côtières vulnérables et le développement de l’économie locale. La coopération devrait ainsi dépasser la seule question de l’accès des navires européens aux ressources halieutiques. L’appui sectoriel devra notamment être mieux orienté vers les besoins du secteur et des populations qui dépendent directement des ressources marines.

Les conditions des marins malgaches à revoir

La gestion durable des ressources constituera également un volet majeur du prochain protocole. Madagascar et l’Union européenne souhaitent renforcer les capacités scientifiques afin d’améliorer le suivi de l’état des stocks de thonidés. Les données et avis scientifiques de la Commission des thons de l’océan Indien (CTOI) devraient notamment servir de référence pour adapter les mesures de gestion. L’objectif est de mieux faire correspondre les autorisations de pêche à l’état réel des ressources. Le suivi, le contrôle et la surveillance des activités maritimes devront aussi être consolidés afin de lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

La dimension sociale figure également parmi les sujets qui devraient être abordés. La Commission européenne prévoit une mise à jour des dispositions concernant les marins malgaches employés à bord des thoniers européens. Les futures règles devront concilier les contraintes liées à l’embauche avec la nécessité de garantir des conditions de travail décentes, les droits des travailleurs et leur sécurité, conformément notamment aux normes de l’Organisation internationale du travail (OIT), dont la Convention n°188 sur le travail dans la pêche.

Le futur accord devra enfin s’inscrire dans le cadre plus large de la coopération européenne dans l’océan Indien, où l’UE dispose déjà de partenariats similaires avec Maurice et les Seychelles. Le principe de non-discrimination devra notamment garantir l’application des mêmes exigences sanitaires, sociales et environnementales aux différentes flottes étrangères opérant dans la zone économique exclusive (ZEE) malgache.

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