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Madagasikara

Culture à Madagascar : Les saint-mariens sont des Antenôsy !

28/08/2026 18:37 © Moov

En parcourant les 49 km de Sainte-Marie, du Nord au Sud, plus de 85% des habitants s’identifient en tant qu’Antenôsy. Il s’agit d’une ethnie spécifique non identifiée dans les 18 tribus officielles à Madagascar. L’île rouge aurait-elle une 19ème ethnie non répertoriée ?

L'île de Sainte-Marie, appelée Nosy Boraha, appartient à Madagascar, à l'Est. Son peuplement a été composé par les populations locales ainsi que les échanges avec les habitants de la côte orientale. Sans oublier que l'arrivée de navigateurs, de commerçants et de pirates européens a entraîné des métissages remarquables. L'île s'avère ainsi un lieu de rencontre entre populations malgaches et populations venues de l'extérieur. Des descendants de pirates et de populations locales ont constitué des communautés particulières, notamment les Malates.

Dominance des Betsimisaraka

Autrefois, dans les années 1700, Sainte-Marie a été dominée par les Betsimisaraka. La fille du Roi Ratsimilaho, Betty, issue de cette tribu, était la reine de cette île. Comme l'île se localise dans la partie Est, près de Tamatave vers Fénérive-Est, le contrôle revenait entre les mains de l'ethnie dominante de la région et de ses alentours : les Betsimisaraka.
La reine Betty a cédé l'île Sainte-Marie à la France en 1750. Puis, cette territoire a été réintégré Madagascar en 1960, lors de la proclamation de l'indépendance du pays. Depuis quelques siècles, Sainte-Marie s'avère la destination préférée des étrangers provenant des quatre coins du monde. Plus de 70% des touristes, visiteurs et vacanciers proviennent de l'Europe et des Amériques.
En préservant et en exposant des histoires et cultures concernant les Betsimisaraka, l'on pourrait conclure que la majorité de la population malagasy considèrent les saint-mariens en tant que membres de ce tribu : penser que "les saint-mariens sont des Betsimisaraka" semble tout à fait logique.

Coexistence et complémentarité Betsimisaraka et Antenôsy

A Sainte-Marie, l'histoire continue d'influencer la vie quotidienne et la culture locale. Vivre et accueillir les étrangers s'avère à la fois une habitude et une fierté pour les saint-mariens. Puis, les histoires de la royauté Betsimisaraka et des pirates demeurent parmi les points forts de la localité. Par contre, la communauté s'identifie à une ethnie spécifique, portant haut le flambeau de la ville des pirates. Sur 10 adultes enquêtés, 6 d'entre eux affirment que les habitants de Sainte-Marie sont des "Antenôsy" et 4 s'identifient au tribu Betsimisaraka.
Globalement, les saint-mariens se présentent sous une appellation originale de leur ethnie, mais perpétuent la majorité des traditions, us et coutumes Betsimisaraka. D'où une forte engagement et engouement de la population par des coutumes et traditions pratiqués par les Betsimisaraka. Parmi les pratiques liées aux ancêtres des Betsimisaraka conservées par les Antenôsy figurent, par exemple, un rite traditionnel funéraire typique : le "fagnokarana". Il s'agit d'un "famadihana" ou retournement des morts, généralement réalisé 5 ans après l'enterrement. En réinventant leur culture, les saint-mariens baptisent des lieux et rites Betsimisaraka pour s'identifier en tant qu'Antenôsy.

Des pas considérables vers la vraie identité Antenôsy

Dans son discours public du 28 août, lors de la cérémonie d'ouverture officielle du Festival Tsolabe 2026, le député Imbiki Herilaza a bel et bien confirmé que les saint-mariens sont bel et bien de Antenôsy. La communauté a adopté des célébrations et pratiques culturelles typiques. Par exemple, comme l'île reçoit la visite des baleines pendant les saisons froides, les saint-mariens ont longtemps réservé des rites concentrés sur les baleines.
Parmi les pratiques culturelles spécifiques des Antenôsy figurent le "mirongo Zagnaharibe". Ce qui consiste à effectuer des prières traditionnelles via des chants originaux. Des femmes antenôsy s'assoient au bord de l'océan, orienté vers le nord, pour implorer la venue des baleines, qui selon eux, sont des "dieux" (zagnaharibe). Selon les conservateurs des traditions, observer les baleines ne relève pas uniquement de l'achat d'un billet pour un safari baleine exceptionnel. Les "olobe" de la localité sensibilise les organisateurs d'événements à respecter les traditions locales, bien avant de proposer des offres d'observations de baleines en mer.

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