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Nationale

Lutte contre l’anémie à Madagascar : un plan national en préparation

26/08/2026 14:07 © Moov.Mg

Une vaste enquête menée auprès de près de 8 000 femmes et enfants révèle que l’anémie à Madagascar ne s’explique pas uniquement par le manque de fer. Face à la diversité des causes selon les régions et les groupes de population, les autorités prévoient d’élaborer un plan national de lutte adapté aux réalités du pays.

Des causes multiples derrière l’anémie

Fatigue intense, vertiges, maux de tête… L’anémie constitue un important problème de santé publique. Chez les jeunes enfants, les formes les plus graves peuvent également affecter le développement cognitif et moteur. À Madagascar, sa lutte s’annonce particulièrement complexe, car les causes diffèrent selon les territoires et les catégories de la population. « Lorsqu’on parle d’anémie, on pense avant tout aux carences en fer, mais c’est loin d’être la seule cause », explique Frank Wieringa, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Perte de sang, inflammation, problèmes génétiques ou encore paludisme peuvent également être à l’origine de cette baisse du taux d’hémoglobine, la protéine qui permet notamment de transporter l’oxygène dans le sang. Jusqu’à récemment, Madagascar ne disposait toutefois pas d’une enquête nationale permettant d’identifier avec précision le poids de ces différents facteurs.

Carence en fer et paludisme

Une vaste enquête sur les carences en micronutriments a ainsi été menée en 2024, après plusieurs années de préparation. Elle résulte d’une collaboration entre le ministère de la Santé publique, des structures institutionnelles malgaches et plusieurs partenaires extérieurs, dont l’IRD, GroundWork et l’UNICEF. Près de 8 000 femmes et enfants, répartis à travers le pays, ont été concernés. Les chercheurs ont notamment analysé leur statut nutritionnel, leurs taux de vitamines et de micronutriments, leur alimentation ainsi que leur exposition au paludisme.

Les données recueillies font désormais l’objet de plusieurs études scientifiques. L’une d’elles, publiée en juin dernier dans The Lancet Regional Health # Africa, s’est particulièrement intéressée aux facteurs responsables de l’anémie. Les résultats confirment que la carence en fer demeure la principale cause de l’anémie à l’échelle nationale. Elle serait à l’origine de 17 % des cas chez les jeunes enfants et de 23 % chez les femmes en âge de procréer. Mais ces moyennes nationales cachent d’importantes disparités. Dans le centre de Madagascar, les carences en fer et en vitamine A expliquent la totalité des cas d’anémie infantile sévère identifiés par l’étude. Dans le Sud, en revanche, elles ne représentent pratiquement aucun cas, où le paludisme et les inflammations apparaissent davantage impliqués. Les causes varient également selon l’âge et le sexe. Une situation qui complique l’élaboration d’une réponse uniforme pour l’ensemble du pays.

Un plan national en vue

Ces résultats doivent désormais servir de base à une nouvelle stratégie. « Nous allons élaborer un plan national de lutte contre l’anémie qui s’appuie sur les résultats de cette enquête », annonce Miary Toky Herindrainy Rajoelina, directrice du département Santé familiale au ministère de la Santé publique. Le ministère indique déjà disposer d’un principe d’accord avec l’Organisation mondiale de la santé, en attendant un nouveau cycle de financement. Dans l’immédiat, les stratégies existantes devraient être renforcées.

L’un des axes envisagés concerne notamment la supplémentation en fer des enfants et des adolescents, des groupes jusqu’ici moins ciblés que les femmes enceintes par les politiques nutritionnelles, malgré des niveaux d’anémie préoccupants révélés par l’enquête. L’alimentation devrait également occuper une place importante dans le futur plan. Antananarivo semble notamment concentrer plusieurs carences nutritionnelles. Cette situation pourrait être liée, entre autres, à l’évolution des habitudes alimentaires en milieu urbain, avec une consommation plus importante d’aliments transformés.

Pour les autorités sanitaires, l’enjeu sera donc d’éviter une approche unique. La lutte contre l’anémie devra tenir compte des réalités propres à chaque région et à chaque groupe de population.

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