Artisanat malgache - Le crochet cherche sa place sur le marché
À Madagascar, le crochet ouvre de nouvelles possibilités dans l’artisanat.
Le fait-main au cœur de la production
Le crochet attire de plus en plus de jeunes créateurs à Madagascar. Pour certains, cette activité manuelle devient progressivement une véritable source d’activité. C’est le cas de By Razel, une jeune entreprise spécialisée dans les sacs en crochet, créée il y a un an par RAZANAKOLONA Valisoa Éloïse, appelée Lisoa, 24 ans, et son associée. L’idée est née pendant le confinement. Issue d’une famille où la couture, la broderie et le crochet sont déjà présents, Lisoa découvre à son tour ces activités manuelles. Après avoir essayé le tricot, elle se tourne davantage vers le crochet. Ce qui commence comme un passe-temps devient peu à peu une passion.
La jeune créatrice commence ensuite à publier ses réalisations sur TikTok. Une première personne lui demande si l’une de ses créations est à vendre. Des amis passent ensuite leurs premières commandes. Lisoa décide alors de montrer sur les réseaux sociaux les différentes étapes de fabrication. « Les commandes se multiplient progressivement et donnent naissance à By Razel » a-t-elle raconté. L’entreprise a choisi de se concentrer principalement sur les sacs. Parmi les matières testées, le trapilho s’est rapidement imposé. Ce fil épais en jersey de coton peut être fabriqué à partir de chutes de tissus. Il présente aussi l’avantage d’être assez rigide pour permettre aux sacs de garder leur forme.
Un approvisionnement encore limité
By Razel cherche aujourd’hui à privilégier le trapilho produit à Madagascar. Auparavant, l’entreprise utilisait surtout du trapilho importé de Chine. Le recours à une matière locale représente donc une évolution dans son approvisionnement. Pour Valisoa, ce choix permet aussi de participer, à son échelle, à la valorisation de la production et du savoir-faire malgaches. La production reste toutefois confrontée à certaines difficultés. « L’entreprise s’approvisionne principalement auprès des merceries, où les stocks peuvent être limités. Les ruptures de matières réduisent parfois les possibilités en matière de couleurs et de modèles » a-t-elle ajouté.
Autre enjeu : le prix. Les produits artisanaux doivent faire face à la concurrence des articles fabriqués en série et importés, généralement moins chers. By Razel cherche donc à proposer des créations qui restent accessibles, tout en tenant compte du coût des matières et du temps nécessaire à leur fabrication.




