Protocole de Maputo : ratifier le traité, un pas vers l'égalité, la justice et le développement durable à Madagascar
Vingt-trois ans après l'adoption du Protocole de Maputo, Madagascar figure toujours parmi les rares pays africains à ne pas l'avoir ratifié. À l'occasion de cet anniversaire, des organisations de la société civile ont relancé leur plaidoyer, estimant que cette ratification constitue un engagement concret en faveur des droits des femmes, mais aussi du développement du pays.
Madagascar a signé le Protocole de Maputo en 2004, mais ne l'a toujours pas ratifié. À l'occasion du 23ᵉ anniversaire de ce traité africain consacré aux droits des femmes, plusieurs organisations de la société civile exhortent les autorités à franchir cette étape, qu'elles considèrent comme un levier pour promouvoir l'égalité, renforcer la justice sociale et soutenir le développement durable du pays.
Transformer la signature en un acte concret
Le 11 juillet marque les 23 ans de l'adoption du Protocole de Maputo par l'Union africaine. À cette occasion, le Conseil National des Femmes de Madagascar (CNFM), avec le Forum Génération Égalité, African Women Leaders Network (AWLN) Madagascar et Women Lead Movement Madagascar, a organisé une conférence de presse le 10 juillet 2026 à Antananarivo. Cette rencontre avait pour objectif de renforcer le plaidoyer en faveur de la ratification de ce traité par Madagascar. Les organisateurs rappellent que le pays a contribué à son élaboration en 2003 avant de le signer l'année suivante, sans toutefois achever le processus de ratification.
Aujourd'hui, Madagascar fait partie des rares États africains qui n'ont pas encore ratifié le Protocole de Maputo. Sur les 55 pays membres de l'Union africaine, 46 l'ont déjà adopté.
Pour les organisations porteuses du plaidoyer, cette situation ne traduit pas un manque de volonté initiale, mais un engagement resté sans traduction juridique. Elles estiment que le moment est venu de transformer la signature de 2004 en un acte concret.
Un traité au service des droits des femmes
Le Protocole de Maputo est considéré comme l'un des textes les plus complets d'Afrique en matière de protection des droits des femmes et des filles. Il prévoit notamment des mesures pour prévenir les violences basées sur le genre, promouvoir l'égalité devant la loi, améliorer l'accès à la santé, favoriser l'autonomisation économique et renforcer la participation des femmes à la vie publique. Les organisations rappellent également que ce traité répond à plusieurs défis auxquels Madagascar reste confronté. Elles soulignent que 12 % des décès maternels sont encore liés à des avortements non sécurisés, tandis que le mariage des enfants et les violences faites aux femmes continuent de toucher de nombreuses familles.
Lors de cette rencontre, le message de soutien de la présidente du Caucus Genre de l'Assemblée nationale a été présenté. Les parlementaires y réaffirment leur volonté de faire de la ratification du Protocole de Maputo une priorité législative.
Renforcement de la justice sociale
Dans une déclaration commune, les organisations de la société civile demandent au Gouvernement de ratifier le traité, d'en assurer une large diffusion et d'intégrer pleinement ses dispositions dans la législation nationale. Elles réaffirment leur disponibilité à accompagner l'État dans cette démarche.
Pour le CNFM et ses partenaires, la ratification du Protocole de Maputo dépasse le cadre d'un engagement juridique. Elle représente un choix politique en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes, du renforcement de la justice sociale et d'un développement plus inclusif pour Madagascar.




