PRODUIR : 650 000 habitants d'Antananarivo bénéficient d'une meilleure protection contre les inondations
Après sept années de mise en œuvre, le Projet de développement urbain intégré et de résilience du Grand Antananarivo (PRODUIR) s'est officiellement achevé. Au-delà des ouvrages réalisés, le principal résultat mis en avant est l'amélioration des conditions de vie de près de 650 000 habitants, désormais mieux protégés face aux inondations et bénéficiant d'infrastructures plus adaptées.
La cérémonie officielle de clôture du PRODUIR s'est tenue aujourd'hui 10 juillet 2026 à Anosy. Mis en œuvre sous l'égide du ministère de l'Aménagement du Territoire et des Services fonciers, avec l'appui financier de la Banque mondiale, le projet a mobilisé un financement de 140 millions de dollars sur une période de sept ans. Son objectif était de rendre le Grand Antananarivo plus résilient face aux catastrophes naturelles, tout en améliorant les conditions de vie dans les quartiers les plus vulnérables, grâce à des infrastructures d'assainissement, de protection contre les inondations et de développement urbain.
Protéger Antananarivo des inondations
Selon les responsables du projet, les travaux réalisés ont eu des impacts directs sur environ 650 000 personnes vivant dans les zones d'intervention, notamment dans les Ier, IVe et VIe arrondissements de la Commune urbaine d'Antananarivo ainsi que dans les communes d'Anosizato Andrefana, Bemasoandro et Andranonahoatra. Le coordonnateur du projet, Haja Rasolofojaona, souligne que les retombées du PRODUIR dépassent même ce chiffre. « Plus d'un million de personnes ont été concernées de près ou de loin par le projet, notamment grâce aux actions de prévention contre les inondations. Une partie importante de la population est aujourd'hui mieux protégée », a-t-il indiqué.
Au-delà des infrastructures physiques, une partie du financement du projet a également servi à soutenir la réponse sociale pendant la pandémie de Covid-19, permettant d'apporter une aide à près de deux millions de personnes.
Des travaux majeurs contre les inondations
La lutte contre les inondations constituait le cœur du projet. Parmi les réalisations les plus importantes figure le curage du canal C3, infrastructure essentielle pour l'évacuation des eaux pluviales dans la capitale. Long de 12 kilomètres, ce canal a fait l'objet d'importants travaux qui ont permis d'extraire plus de 115 000 mètres cubes de boue, tandis que 63 000 mètres cubes supplémentaires ont été confinés dans un site spécialement aménagé.
En parallèle, 8,2 kilomètres de berges ont été réhabilités afin de renforcer durablement cette infrastructure stratégique. Les digues de l'Ikopa et de la Sisaony ont également été remises en état afin de réduire les risques de débordement des cours d'eau pendant la saison des pluies. À elles seules, ces réalisations devraient protéger plus de 430 000 personnes vivant dans la plaine d'Antananarivo contre les inondations.
Des infrastructures qui changent le quotidien
Le projet ne s'est toutefois pas limité aux grands ouvrages hydrauliques. Entre 2022 et 2025, les différentes phases des travaux urbains ont permis la construction de 587 infrastructures de proximité, comprenant notamment des voiries, des ouvrages d'assainissement et divers équipements communautaires. Ces chantiers ont généré plus de 126 000 journées de travail, offrant des opportunités d'emploi à de nombreux habitants.
Le projet a, par ailleurs, renforcé les capacités des institutions concernées. Des équipements ont été remis à plusieurs partenaires, dont l'Autorité pour la protection contre les inondations de la plaine d'Antananarivo (APIPA), afin de leur permettre d'assurer l'entretien des ouvrages après la fin du projet.
Copyright Image : © Moov
Désenclavement d'Iarinarivo, des nouvelles habitations à Andavamamba
Lors de la cérémonie de clôture, plusieurs bénéficiaires sont venus raconter les changements apportés dans leur quotidien. À Iarinarivo, dans le district d'Ambohidratrimo, où sont stockées les boues issues du curage du canal C3, les habitants expliquent qu'ils souffraient auparavant d'un isolement quasi systématique pendant la saison des pluies. Grâce à la réhabilitation de la piste et de la digue, les déplacements sont désormais possibles tout au long de l'année, facilitant aussi bien la circulation des élèves que le transport des produits agricoles. Le projet a également permis une avancée importante en matière de sécurisation foncière. Une opération domaniale concertée menée avec le ministère de l'Aménagement du Territoire a déjà abouti à la remise de 2 000 titres fonciers aux habitants de cette commune.
À Andavamamba, le changement est tout aussi visible pour les familles relogées à proximité du canal C3. Un bénéficiaire, ayant grandi dans ce quartier, affirme que les nouvelles habitations offrent des conditions de vie incomparables avec celles d'autrefois. Le nouveau site comprend 87 appartements répartis dans des immeubles à étage destinés à 84 ménages. Les logements disposent d'un raccordement à l'eau potable et à l'électricité, de routes pavées, de trottoirs ainsi que d'un réseau complet de drainage et d'assainissement. « Il n'y a plus d'inondation, il n'y a plus de mauvaises odeurs », témoigne-t-il.
Une deuxième phase déjà annoncée
Si le premier projet s'achève officiellement, les autorités assurent que les efforts vont se poursuivre. Le secrétaire général du ministère de l'Aménagement du Territoire et des Services fonciers, Ruffin Sambany, a annoncé que PRODUIR II est déjà en préparation. Selon lui, cette nouvelle phase ne consistera pas uniquement à renforcer les actions engagées dans le Grand Antananarivo, mais permettra également de réaliser les travaux qui n'ont pas pu être achevés lors de la première phase.
Le futur projet sera également étendu à la région Atsinanana, notamment à Toamasina, où plusieurs infrastructures doivent être réhabilitées après les dégâts causés par le cyclone Gezani. Pour les autorités comme pour les bénéficiaires, cette première phase du PRODUIR laisse ainsi un héritage durable : des quartiers mieux équipés, des milliers de familles davantage protégées contre les inondations et des collectivités désormais mieux préparées à faire face aux risques climatiques.




