Pesticides : Madagascar adopte une stratégie nationale pour éliminer progressivement les produits les plus dangereux
Madagascar franchit une nouvelle étape dans la protection de la santé publique et de l’environnement. Le pays ambitionne d’élaborer une Stratégie nationale d’élimination progressive des pesticides hautement dangereux (HHP), avec l’objectif de réduire leur utilisation d’ici 2035 tout en favorisant une agriculture plus durable.
Une réponse aux risques sanitaires et environnementaux
Le Conseil des ministres du 2 juin 2026 a pris acte de l’élaboration de cette stratégie nationale dédiée. L’adoption de cette stratégie intervient dans un contexte de recours croissant aux pesticides, notamment dans les cultures de riz et le maraîchage. Sur les 188 matières actives actuellement homologuées à Madagascar, 76 sont considérées comme potentiellement hautement dangereuses, selon la FAO. Selon les autorités, ces produits présentent des risques importants pour la santé humaine et les écosystèmes. Leur utilisation peut provoquer des intoxications chez les utilisateurs, contaminer les sols et les ressources en eau, tout en affectant durablement la biodiversité.
La mise en œuvre de cette stratégie vise ainsi à concilier protection de la santé, préservation de l’environnement et maintien de la productivité agricole. Elle s’inscrit dans une démarche de transition vers des pratiques plus sûres et plus résilientes.
Les autorités reconnaissent toutefois que plusieurs défis restent à relever. Parmi eux figurent le commerce illégal de pesticides, la circulation de produits contrefaits, le manque d’infrastructures pour la gestion des déchets phytosanitaires, l’application insuffisante des réglementations ainsi que le faible accès des agriculteurs à des solutions alternatives.
Une transition progressive d’ici 2035
La stratégie nationale fixe plusieurs priorités, dont la réduction progressive des pesticides hautement dangereux à l’horizon 2035. Elle prévoit également le renforcement du cadre réglementaire et des contrôles, l’amélioration de la surveillance sanitaire et environnementale, ainsi que le développement d’alternatives plus sûres, notamment les biopesticides et les pratiques agroécologiques. Une attention particulière sera également portée au renforcement de la coordination entre les différents acteurs et à la sensibilisation des producteurs sur les risques liés à ces substances.
Il est important de souligner que c’est une affaire de tous. Les autorités soulignent que cette transition ne pourra aboutir qu’avec l’implication conjointe des institutions publiques, des agriculteurs, des chercheurs, des organisations de la société civile, du secteur privé et des partenaires techniques. L’objectif est de construire une agriculture plus durable, capable de protéger durablement la santé des populations, les ressources naturelles et la biodiversité du pays.




