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Economie

Finances publiques : les budgets des communes restent un angle mort des statistiques nationales

19/06/2026 16:37 © Moov.Mg

Malgré les progrès réalisés dans la modernisation des Statistiques de Finances Publiques (SFP), une grande partie de l’argent géré par les collectivités territoriales échappe encore aux outils de suivi de l’État. C’est l’un des principaux constats du rapport de mission d’assistance technique du Fonds monétaire international (FMI), publié le 18 juin 2026. L’institution appelle à une meilleure intégration des données financières des communes et des régions afin d’améliorer la transparence et la gouvernance des finances publiques à Madagascar.

Une décentralisation encore difficile à mesurer

Le Fonds monétaire international (FMI) met en lumière une faiblesse importante du système statistique malgache : les ressources financières gérées par les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) apparaissent encore de manière très incomplète dans les Statistiques de Finances Publiques. Cette observation figure dans le rapport de mission d’assistance technique conduite à Antananarivo du 16 au 20 mars 2026 par Xavier Deville, conseiller résident auprès d’AFRITAC Sud. Si le document salue les efforts engagés par le ministère de l’Économie et des Finances (MEF), notamment à travers l’adoption d’un nouveau décret sur les SFP à la fin de l’année 2025, il souligne que la comptabilité nationale ne reflète pas encore fidèlement l’activité financière des collectivités locales.

Selon le FMI, cette situation limite la capacité de l’État à disposer d’une vision complète de l’utilisation des fonds publics sur l’ensemble du territoire. Le principal problème réside dans l’absence de données fiables concernant la majorité des communes malgaches. Sur les 1 695 communes recensées dans le pays, 1 583 ne sont pas gérées par le Trésor public et ne disposent pas de compte de correspondant permettant un suivi régulier de leurs opérations financières.

Des écarts qui compliquent le suivi des dépenses publiques

Dans ces conditions, les équipes chargées des Statistiques de Finances Publiques ne peuvent collecter des informations détaillées que pour un nombre limité de collectivités. Les données disponibles concernent généralement entre 30 et 120 communes parmi les plus importantes du pays. Pour la grande majorité des communes, les statistiques reposent donc sur des estimations. Les administrations de tutelle indiquent que les transferts financiers de l’État représentent généralement entre 20 et 30 millions d’ariary par commune. Elles estiment également que près de 90 % des recettes des petites communes proviennent de ces subventions et que 90 % de leurs dépenses sont consacrées au paiement des salaires du personnel communal.

Cette insuffisance d’informations n’est pas sans conséquence. Le FMI relève que des différences parfois importantes apparaissent entre les montants que l’État central déclare avoir transférés aux collectivités et ceux que ces dernières enregistrent comme recettes. Ces écarts s’expliquent notamment par l’absence d’une méthode harmonisée de collecte et de traitement des données. Ils rendent difficile la consolidation des comptes publics et compliquent l’évaluation précise des dépenses engagées dans les districts, les communes et les régions.

Renforcement de la transparence budgétaire

Pour les partenaires techniques et financiers, les investisseurs, mais aussi les citoyens, cette situation réduit la lisibilité des finances publiques et limite les possibilités de mesurer les effets concrets des politiques de décentralisation. Face à ce constat, le FMI recommande d’accélérer les réformes visant à moderniser la circulation de l’information financière. Le rapport souligne que de nombreuses données restent encore transmises sous des formats peu exploitables, notamment des documents PDF qui compliquent les traitements statistiques.

L’une des principales avancées attendues concerne la création d’un Comité SFP prévue d’ici septembre 2026. Cette structure réunira le ministère de l’Économie et des Finances, le ministère de la Décentralisation, l’INSTAT et la Banque centrale de Madagascar. Sa mission sera de renforcer le partage des données entre institutions et d’améliorer les mécanismes de collecte afin que les finances des communes et des régions soient pleinement intégrées aux statistiques nationales. Pour le FMI, cet effort constitue une étape essentielle pour renforcer la transparence budgétaire et offrir une image plus fidèle de l’utilisation de l’argent public à Madagascar.

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