Microfinance - CECAM et CMS misent sur le partage d’expertise entre Madagascar et le Sénégal
Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la coopération entre institutions de microfinance africaines. À Antananarivo, l’UNICECAM et le Crédit Mutuel du Sénégal ont signé un mémorandum d’entente destiné à renforcer leurs échanges d’expériences et à accompagner la modernisation de leurs services.
Des réalités communes
L’Union Interrégionale des Caisses d’Épargne et de Crédit Agricole Mutuels (UNICECAM) et l’Union des Caisses du Crédit Mutuel du Sénégal (UCCMS) ont officialisé leur rapprochement à travers la signature d’un accord de coopération. Pour Amadou Jean-Jacques Diop, directeur général du Crédit Mutuel du Sénégal, cette démarche illustre une autre manière de concevoir les partenariats en Afrique. Il souligne que les deux institutions évoluent dans des contextes différents mais font face à des défis similaires, notamment en matière d’inclusion financière et d’accompagnement des populations rurales. Le responsable sénégalais estime que les expériences développées dans un pays peuvent être utiles à l’autre. « Nous croyons à la coopération Sud-Sud. L’Afrique dispose de compétences et de savoir-faire qui méritent d’être davantage partagés », a-t-il expliqué. Les deux structures présentent plusieurs points communs. Elles reposent sur le modèle mutualiste et travaillent principalement avec des populations rurales. Selon José Serge Rajaonarison, directeur général de l’UNICECAM, près de 90 % des membres de la CECAM sont des agriculteurs.
Modernisation et digitalisation
L’accord prévoit plusieurs axes de collaboration. Parmi eux figurent le partage de bonnes pratiques, les échanges de compétences, l’éducation financière ainsi que la modernisation des systèmes d’information. Le Crédit Mutuel du Sénégal compte notamment mettre à profit son expérience dans le domaine numérique. En 38 ans d’existence, l’institution est passée de quelques membres à plus de 1,57 million de sociétaires. Cette croissance s’est accompagnée d’une évolution importante de ses outils informatiques et de ses services digitaux. Selon Amadou Jean-Jacques Diop, l’expérience acquise lors de la migration vers un système bancaire plus performant pourrait être utile à la CECAM, qui mène également des projets de modernisation. Pour José Serge Rajaonarison, cette transformation est devenue incontournable. Avec une population de membres de plus en plus jeune, les attentes évoluent rapidement. Il estime que les institutions de microfinance doivent désormais proposer davantage que des services d’épargne et de crédit afin de répondre aux nouveaux besoins de leurs clients. Les deux partenaires envisagent également de collaborer sur d’autres sujets, notamment la finance verte et le développement de solutions adaptées aux jeunes et aux femmes, deux catégories considérées comme stratégiques pour l’avenir économique du continent.




