Sud-Ouest de Madagascar : le manque de pluie compromet les récoltes et fragilise les ménages ruraux
Le déficit pluviométrique enregistré depuis le début de la saison des pluies 2025-2026 pèse lourdement sur la production agricole dans le sud-ouest de Madagascar. Selon une évaluation de terrain réalisée début mai par FEWS NET, les récoltes de maïs et de légumineuses sont nettement inférieures à la moyenne. Cette baisse de production réduit les disponibilités alimentaires des ménages et accentue les difficultés économiques dans plusieurs districts déjà vulnérables.
Baisse de production à cause de l’insuffisance des pluies
Dans le sud-ouest de Madagascar, la saison agricole 2025-2026 s’achève sur une note préoccupante. Depuis octobre 2025, les précipitations sont restées largement inférieures aux niveaux habituels, limitant le développement des cultures dans une région où l’agriculture dépend fortement des pluies saisonnières. Les observations menées par FEWS NET au début du mois de mai confirment les conséquences de cette situation. Les rendements du maïs et des légumineuses, récoltés à cette période de l’année, sont en dessous de la moyenne. Pour de nombreux agriculteurs, cette contre-performance réduit à la fois les réserves alimentaires destinées à la consommation familiale et les revenus tirés de la vente des récoltes.
Les effets du déficit pluviométrique se reflètent également sur les marchés locaux. Les enquêteurs ont constaté une disponibilité inhabituellement faible du maïs et du manioc dans plusieurs zones du sud-ouest. Ces produits, qui constituent des aliments de base pour une grande partie de la population, sont moins présents qu’à l’accoutumée en cette période de l’année.
Des stocks agricoles moins importants
Le riz demeure relativement disponible grâce aux récoltes en cours dans certaines zones irriguées. Toutefois, les premiers constats indiquent également des rendements inférieurs aux niveaux habituels. Face à l’irrégularité des pluies, certains producteurs ont adopté des variétés de riz à cycle court, permettant d’anticiper les récoltes d’environ un mois.
La faiblesse des récoltes intervient dans un contexte où de nombreux ménages ruraux disposent déjà de ressources limitées. Avec des stocks agricoles moins importants que prévu, certaines familles commencent à multiplier les stratégies pour couvrir leurs besoins quotidiens. Selon FEWS NET, des ménages pauvres ont déjà recours à la vente de bétail pour acheter de l’eau ou financer d’autres dépenses essentielles. D’autres pourraient intensifier la production de charbon de bois, les petits commerces ou encore la migration temporaire vers des zones offrant davantage d’opportunités économiques. Ces mécanismes d’adaptation témoignent de la pression croissante exercée sur les moyens de subsistance des populations rurales.
Un défi persistant pour la sécurité alimentaire
Les perspectives pour les prochains mois restent contrastées. Entre juin et septembre, les récoltes de manioc, de patate douce et de riz devraient améliorer temporairement la disponibilité alimentaire dans plusieurs régions du pays. Cette période devrait également générer davantage de revenus grâce aux activités agricoles saisonnières. Cependant, dans les zones les plus touchées par la sécheresse du Grand Sud, cette amélioration pourrait être limitée. Les ménages ayant déjà épuisé une partie de leurs stocks ou réduit leur cheptel risquent de continuer à faire face à des difficultés pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Pour ces populations, les conséquences du manque de pluie pourraient se prolonger bien au-delà de la période de récolte.
L’évaluation de FEWS NET met en lumière la vulnérabilité persistante du sud-ouest malgache face aux aléas climatiques. Dans une région où l’agriculture constitue la principale source de revenus et d’alimentation, plusieurs mois de pluies insuffisantes suffisent à compromettre les récoltes et à fragiliser l’économie des ménages. Alors que la saison sèche s’installe progressivement, la capacité des familles à surmonter cette nouvelle campagne déficitaire constituera un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire dans les mois à venir.




