Scandale de faux diplômes à l’APMF : onze personnes écrouées, après l’enquête du BIANCO
Une vaste affaire de fraude documentaire éclabousse l’Agence Portuaire Maritime et Fluviale (APMF). Après plusieurs mois d’enquête, le Bureau Indépendant Anti-Corruption (BIANCO) a démantelé un réseau présumé de faux diplômes impliquant des agents publics, un responsable d’établissement supérieur privé et des agents du ministère de la Fonction publique. Onze personnes ont été placées sous mandat de dépôt.
De faux diplômes pour des promotions internes
L’affaire remonte à 2025, lorsque les investigateurs du BIANCO ont découvert qu’un responsable de l’Agence Portuaire Maritime et Fluviale utilisait un faux diplôme dans le cadre de sa carrière professionnelle. Cette découverte a conduit les enquêteurs à approfondir leurs vérifications sur d’autres diplômes issus du même établissement universitaire privé, jugé suspect. Les investigations ont alors permis d’identifier dix autres diplômes présumés falsifiés.
Selon le communiqué du BIANCO, les documents incriminés concernaient principalement des diplômes de Licence et de Master utilisés dans des procédures administratives liées à l’évolution de carrière au sein de la fonction publique. D’après les éléments recueillis par les enquêteurs, les personnes mises en cause auraient cherché à obtenir des postes plus avantageux ou des reclassements indiciaires en utilisant de faux diplômes. Ces pratiques leur auraient permis de bénéficier de promotions internes et de revalorisations salariales indues.
Un préjudice estimé à plus de 160 millions d’ariary
Le réseau présumé impliquait un responsable d’un établissement d’enseignement supérieur privé, accusé d’avoir fourni les faux diplômes ainsi qu’une fausse liste d’homologation. Ce document était nécessaire pour les demandes d’équivalence auprès du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Fonction publique. Le BIANCO évoque également la complicité présumée de certains agents du ministère, qui auraient facilité l’intégration de ces pièces falsifiées dans les dossiers administratifs des intéressés.
Les conséquences financières de cette fraude seraient importantes. Le préjudice causé à l’APMF et à l’État est estimé à plus de 160 millions d’ariary, correspondant aux rémunérations et avantages indûment perçus par les agents concernés. Au total, treize personnes ont été déférées devant le Pôle Anti-Corruption d’Antananarivo, hier 29 avril 2026. Elles comprennent dix agents de l’APMF, un responsable d’établissement supérieur privé et deux agents du ministère de la Fonction publique. À l’issue de leur présentation devant la justice, onze suspects ont été placés sous mandat de dépôt à la Maison centrale d’Antanimora dans l’attente de leur procès.


