Détournement présumé au MEN : Sept suspects impliqués dans un réseau ciblant les salaires des enseignants
Un réseau structuré de détournement présumé de salaires d’enseignants a été mis au jour au sein du ministère de l’Éducation Nationale, par le Bureau Indépendant Anti-Corruption (BIANCO). Cette découverte fait suite à une enquête portant sur des faits signalés dans le district d’Anjozorobe.
Un système de fraude organisé au détriment des enseignants
Les faits révélés font état d’un mécanisme de fraude administrative et financière particulièrement élaboré, ayant ciblé des enseignants en poste dans des zones éloignées. Profitant de leur vulnérabilité et de leur difficulté d’accès aux services administratifs, les auteurs auraient procédé à l’ouverture irrégulière de comptes bancaires au nom des victimes, sans leur consentement.
Les investigations ont également mis en lumière la modification frauduleuse du mode de paiement des salaires. Initialement versées par bon de caisse, certaines rémunérations auraient été basculées vers des virements bancaires, facilitant ainsi leur captation par le réseau. Dans plusieurs cas, des prêts bancaires auraient même été contractés à l’insu des enseignants, à l’aide de faux documents et d’usurpations d’identité.
Ces manœuvres auraient permis le détournement effectif de salaires, causant un préjudice financier direct aux victimes. Les éléments recueillis indiquent un fonctionnement récurrent, suggérant l’existence d’un réseau structuré et organisé, exploitant illicitement des données personnelles et des dossiers administratifs de fonctionnaires.
Sept suspects poursuivis, dont des complicités internes présumées
À l’issue des investigations menées par le BIANCO, sept personnes ont été identifiées comme suspectes dans cette affaire. Les preuves réunies, témoignages concordants, pièces matérielles et analyses téléphoniques, indiquent l’existence de complicités internes présumées. Celles-ci concernent principalement la direction des ressources humaines du ministère.
Les suspects ont été présentés devant le Pôle Anti-Corruption d’Antananarivo. Quatre d’entre eux ont été placés en détention provisoire à la Maison centrale d’Antanimora, tandis que trois autres ont été placés sous contrôle judiciaire, en attendant l’ouverture de leur procès.
Dans ce contexte, les autorités appellent tout agent public estimant avoir été victime de détournement de salaire à se manifester. Cette démarche est jugée essentielle pour identifier l’ensemble des victimes, consolider les preuves et permettre le démantèlement complet de ce réseau présumé.




