Société : Environ 40 % des personnes engagées dans le secteur pêche et aquaculture sont des femmes
À Madagascar, où près de 94 000 femmes travaillent dans la pêche et l’aquaculture, ces actrices représentent environ 40 % de la main-d’œuvre du secteur. Actives surtout dans la transformation et la commercialisation, elles restent pourtant confrontées à un accès limité aux financements et aux mécanismes de soutien.
Une présence féminine essentielle mais encore sous-estimée
Dans la pêche et l’aquaculture malgaches, les femmes occupent une place centrale tout au long des chaînes de valeur. De la récolte à la transformation, jusqu’à la vente des produits halieutiques, leur contribution économique est déterminante pour les ménages et les communautés. Pourtant, cette forte implication, estimée à près de 40 % des personnes engagées dans le secteur n’est pas toujours reconnue à sa juste valeur. L’accès inégal aux outils financiers, à la formation et aux structures d’organisation limite encore leur autonomie économique, malgré leur rôle clé dans la sécurité alimentaire et le développement local.
Au lac Alaotra, cette réalité commence toutefois à évoluer. Grâce à l’appui de la FAO, en partenariat avec Durrell Wildlife Conservation Trust et l’association Alaotra Rano Soa, près de 400 femmes issues de la pêche artisanale ont renforcé leurs moyens de subsistance à travers la mise en place d’Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit (AVEC).
Les AVEC, un levier d’autonomisation et de résilience
Avant le lancement du projet en 2023, aucun groupement structuré de femmes transformatrices et commerçantes de poisson n’existait autour du lac Alaotra. Vingt groupes AVEC ont ainsi été créés, chacun composé de 15 à 25 membres, avec un comité de gestion élu. Après des formations en éducation financière et en gestion collective, les femmes ont commencé à épargner chaque semaine et à accéder à de petits prêts.
« Grâce au projet VSLA, les femmes peuvent désormais se constituer un véritable réseau de soutien financier et social », témoigne Hortensia Zoeline Raheliarivelo, formatrice principale et secrétaire générale d’Alaotra Rano Soa. Ces prêts permettent notamment de faire face aux périodes de fermeture de la pêche, d’investir dans des activités alternatives, de soutenir la scolarisation des enfants et d’améliorer les conditions de vie des familles.
Les résultats sont probants. En septembre 2025, certaines associations affichaient des économies allant jusqu’à 19 millions d’ariary. Au-delà des chiffres, ces groupes renforcent la solidarité, la confiance et le leadership féminin. Désormais, plusieurs AVEC forment de nouveaux groupes et envisagent l’utilisation des services de paiement mobile, posant ainsi les bases d’un mouvement durable porté par les femmes elles-mêmes.


