Urgence nutritionnelle à Madagascar : 80,8 millions USD manquent pour secourir 1,55 million de personne
Alors que la situation alimentaire et nutritionnelle continue de se dégrader dans le Grand Sud et le Grand Sud-Est, un important manque de financement freine la réponse humanitaire. Le Gouvernement de Madagascar, appuyé par les Nations Unies et les acteurs humanitaires, lance un appel pressant à la solidarité internationale pour venir en aide à plus de 1,5 million de personnes menacées.
Plus de 1,5 million de personnes en situation de crise
Madagascar fait face à un déficit de financement estimé à 80,8 millions de dollars américains pour répondre efficacement à l’urgence nutritionnelle qui frappe le Grand Sud et le Grand Sud-Est. Ce manque de ressources compromet la capacité des autorités et de leurs partenaires à déployer des actions vitales, à l’approche du pic de la période de soudure alimentaire, attendu entre février et avril 2026. Malgré les efforts déjà engagés, les financements disponibles s’épuisent rapidement, alors que les besoins augmentent. Sans un appui rapide de la communauté internationale, des centaines de milliers de personnes risquent de basculer dans des situations encore plus critiques.
Hausse des cas de malnutrition chez les enfants
Selon les dernières analyses sur la sécurité alimentaire, près de 1,5 million de personnes vivent actuellement une situation de crise alimentaire dans le Grand Sud et le Grand Sud-Est, soit l’écrasante majorité des cas recensés à l’échelle nationale. Parmi elles, des dizaines de milliers sont déjà confrontées à une situation d’urgence aiguë, et les projections indiquent une aggravation notable dès février.
Dans certaines zones du Sud-Est, notamment dans le district d’Ikongo, la situation se détériore rapidement, avec une forte hausse des cas de malnutrition chez les enfants, sur fond de maladies comme le paludisme. La crise touche particulièrement les plus jeunes. D’ici avril 2026, environ 270 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë auront besoin d’un traitement urgent. Plus de la moitié des cas de malnutrition aiguë sévère enregistrés à Madagascar en 2025 se concentrent déjà dans le Grand Sud, illustrant l’ampleur du défi sanitaire et humanitaire. Si une légère stabilisation des admissions a été observée fin 2025, les acteurs sur le terrain redoutent une nouvelle flambée des cas pendant la soudure, période traditionnellement marquée par une raréfaction des vivres.
Des crises multiples qui aggravent la vulnérabilité
Au-delà du manque de nourriture, la population subit les effets combinés de plusieurs chocs successifs : sécheresse prolongée, cyclones, inondations, attaques de criquets et dégradation des infrastructures. Ces événements, liés en grande partie au dérèglement climatique, perturbent les moyens de subsistance, isolent des communes entières et compliquent l’acheminement de l’aide humanitaire. Dans ce contexte, la fermeture progressive de bureaux d’organisations humanitaires, faute de financements suffisants, fragilise davantage la réponse. Face à cette situation, le Gouvernement de Madagascar, en collaboration avec le Système des Nations Unies et l’Équipe humanitaire pays (HCT), appelle les partenaires internationaux à renforcer leur soutien. L’objectif est de sauver des vies et protéger les moyens de subsistance de 1,55 million de personnes, tout en évitant le coût humain et financier d’une inaction prolongée, comme lors des précédentes famines. Sans un engagement rapide, le pays risque de revivre une crise majeure dont les conséquences pourraient se faire sentir pendant plusieurs années.


