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Construire l’avenir de l’enfant dès sa conception: les défis des 1 000 premiers jours à Madagascar

27/01/2026 19:38 © Moov.Mg

Malnutrition chronique, carences en micronutriments, accès inégal aux soins maternels et infantiles : à Madagascar, les obstacles restent nombreux durant les 1 000 premiers jours de la vie, une période pourtant décisive pour l’avenir de chaque enfant et, au-delà, pour celui du pays.

1 000 premiers jours, une période fondatrice

De la grossesse aux deux ans révolus de l’enfant, les 1 000 premiers jours constituent une fenêtre déterminante pour la croissance physique, le développement cérébral et la santé future. « C’est le début de la vie, c’est là que tout se construit », rappelle la professeure Annick Robinson, présidente de la Société malgache de pédiatrie (SOMAPED). À Madagascar, cette période clé demeure marquée par de profondes vulnérabilités. Près de 40 % des enfants de moins de cinq ans souffrent encore de retard de croissance, tandis que la mortalité maternelle et infantile reste préoccupante.

La malnutrition chronique continue de compromettre le potentiel des jeunes enfants. Selon l’Enquête nationale sur les carences en micronutriments publiée en 2025, environ un enfant sur trois souffre d’anémie. La carence en fer touche un quart des enfants de moins de cinq ans et 16 % des femmes en âge de procréer. « Chez l’enfant, les carences en fer diminuent les capacités à apprendre, tandis que chez la femme, l’anémie ferriprive augmente le risque de décès pendant ou peu après l’accouchement », a alerté la représentante de l’UNICEF à Madagascar, Christine Jaulmes. À cela s’ajoutent les carences en zinc, qui fragilisent la croissance et l’immunité, dans un contexte de diversification alimentaire encore insuffisante. Au-delà de la nutrition, les limites du système de santé pèsent lourdement sur les 1 000 premiers jours. Les femmes enceintes et les jeunes mères font face à des difficultés d’accès aux soins essentiels, notamment en milieu rural. « Les carences en fer et l’anémie sont fréquentes chez les nouveau-nés et les femmes enceintes. Il est nécessaire d’améliorer en permanence la prise en charge des mille premiers jours, car ils déterminent l’avenir global de l’enfant », souligne Rajoelina Miary Toky Herindrainy, directrice de la Santé familiale au ministère de la Santé publique.

Symposium sur les 1 000 premiers jours de l’enfant

C’est dans ce contexte qu’a débuté, du 27 au 29 janvier 2026 à Anosy, le Symposium national sur les 1 000 premiers jours de l’enfant. Pour Christine Jaulmes, « cet espace de dialogue entre la communauté scientifique, le corps médical et les partenaires est essentiel pour renforcer notre engagement collectif envers cette période fondatrice de la vie ». L’objectif est clair : bâtir un cadre national harmonisé, fondé sur des évidences scientifiques, afin de renforcer les interventions intégrées.

L’image de la construction revient comme un fil conducteur des échanges. « Si les briques de la base ne sont pas solides, on peut monter les murs, mais à un moment donné, tout s’effondre », résume Mathieu Joyeux, chef de la Nutrition à l’UNICEF. Pour les autorités sanitaires, l’enjeu dépasse la seule santé : « La période des mille premiers jours est une fenêtre cruciale où se forgent la nutrition, l’intelligence et la capacité de chaque enfant à contribuer au développement du pays », a déclaré la Dre Lethicia Lydia Yasmine lors de l’ouverture officielle. À l’issue de ces trois jours de travaux, les acteurs espèrent faire émerger une vision commune et des actions renforcées. Car investir dans les 1 000 premiers jours, c’est poser les bases d’un avenir plus sain, plus équitable et durable pour Madagascar.

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