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Nationale

Transition à Madagascar : la société civile appelle à limiter les décisions engageant durablement l’État

14/03/2026 15:37 © Moov.Mg

À la suite de la destitution du Premier ministre et de la dissolution du gouvernement, plusieurs organisations de la société civile appellent à encadrer strictement la gestion de la transition à Madagascar. Elles demandent notamment que les autorités en place se limitent à la gestion des affaires courantes et évitent toute décision susceptible d’engager durablement l’État.

Un appel à encadrer la transition

Au lendemain de la dissolution du gouvernement consécutive à la destitution du Premier ministre, des organisations de la société civile ont publié, le 13 mars 2026, un appel public pour une transition « concertée, ordonnée et clairement encadrée ». Dans leur communiqué, les signataires estiment que la décision de mettre fin aux fonctions du chef du gouvernement peut être considérée comme fondée. Selon eux, sa nomination ne répondait pas aux principes jugés essentiels pour conduire une refondation politique, notamment la concertation, la transparence et l’intégrité. Cependant, ces organisations expriment leur inquiétude face à l’annonce selon laquelle la nomination du prochain Premier ministre pourrait de nouveau s’appuyer sur la Constitution actuelle. Elles estiment que cette démarche pourrait être perçue comme la continuité de mécanismes politiques critiqués par une partie de l’opinion publique.

Au cœur de leur déclaration figure une exigence claire : les dirigeants de la transition doivent respecter les limites liées au caractère provisoire de cette période. La société civile demande ainsi que les autorités se concentrent uniquement sur la gestion des affaires courantes et des urgences nationales. Elle appelle les responsables de la transition à s’abstenir de prendre des décisions susceptibles d’engager durablement l’État. Cette recommandation concerne notamment les grands projets structurants ou les engagements internationaux majeurs. Selon les organisations signataires, ces décisions devraient relever de la légitimité d’institutions issues d’élections démocratiques.

Une nomination du Premier ministre plus transparente

Les organisations de la société civile plaident également pour un processus plus transparent dans la nomination du prochain Premier ministre. Elles affirment que cette désignation ne devrait pas résulter d’arrangements politiques opaques ni de décisions prises par un cercle restreint d’acteurs. Elles appellent plutôt à un processus concerté, associant différentes parties prenantes du pays. Pour elles, la crédibilité de la transition dépendra de critères de sélection clairs, ainsi que d’objectifs et de responsabilités précisément définis pour la personne appelée à diriger le gouvernement.

Parmi les exigences formulées figure aussi un engagement politique fort : les responsables exerçant des fonctions au sein de la transition devraient s’abstenir de se présenter aux prochaines élections. Les signataires estiment que cet engagement constituerait une garantie d’impartialité dans la gestion de la période transitoire et renforcerait la confiance des citoyens dans le processus politique.

De vraies assises nationales pour la refondation

La société civile appelle enfin à organiser des Assises nationales pour la refondation. Ce processus devrait permettre de débattre des grandes orientations pour l’avenir du pays, notamment la réforme de la Constitution, celle des institutions politiques et l’amélioration du cadre électoral. Selon les organisations signataires, ces discussions seraient essentielles pour préparer des élections libres, transparentes et acceptées par tous.

Elles préviennent qu’en l’absence d’un cadre clair pour la transition, Madagascar pourrait replonger dans une période d’incertitude politique et juridique, susceptible d’affaiblir davantage la confiance des citoyens envers les institutions.

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