Sécurité alimentaire à Madagascar : une assistance de 7 100 tonnes de vivres déployée pour les populations vulnérables
Madagascar fait face à une situation alimentaire encore fragile dans plusieurs régions du pays. Soutenu par un financement de 11,65 millions de dollars, le Programme Alimentaire Mondial déploie actuellement une vaste opération d’assistance destinée à près de 560 000 personnes vulnérables. Cette aide intervient alors que le Grand Sud subit une sécheresse sévère et que les régions de l’Est tentent encore de se relever des dégâts causés par le cyclone Gezani.
Récoltes insuffisantes et perturbations climatiques
L’assistance humanitaire reprend progressivement dans les zones les plus touchées par l’insécurité alimentaire. Selon les dernières informations publiées par le réseau de systèmes d’alerte précoce contre la famine, FEWS NET, un financement de 11,65 millions USD soutient actuellement les opérations du Programme Alimentaire Mondial (PAM) à Madagascar. Cette enveloppe permet la distribution de 7 100 tonnes de vivres destinées à environ 560 000 personnes à travers la Grande Île. L’objectif est de soutenir les ménages les plus vulnérables pendant cette période critique, marquée par des récoltes insuffisantes et des perturbations climatiques successives.
Les opérations ont repris à la fin du mois d’avril après une interruption temporaire de la chaîne d’approvisionnement. Les aides devraient contribuer à limiter les écarts de consommation alimentaire jusqu’à l’arrivée des prochaines récoltes attendues en juin.
Une baisse importante des productions agricoles
Dans le Grand Sud, la situation reste particulièrement préoccupante. Depuis janvier 2026, cette partie du pays connaît une sécheresse inhabituelle que le rapport qualifie parmi les plus sévères jamais observées. Le manque de pluie a fortement affecté les cultures vivrières à cycle court comme le maïs et les légumineuses. À cette situation se sont ajoutées des températures supérieures de 2 à 4 degrés Celsius aux normales saisonnières durant le mois de mars dans plusieurs régions du Sud et de l’Ouest.
Conséquence directe : les productions agricoles enregistrent une baisse importante par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Dans plusieurs districts, les familles les plus pauvres peinent à satisfaire leurs besoins alimentaires quotidiens. Selon FEWS NET, ces zones devraient rester en situation de « Crise » alimentaire, correspondant à la Phase 3 de l’IPC, jusqu’à la fin du mois de mai.
Réserves alimentaires limitées
Sur la côte Est, les populations poursuivent leur rétablissement après le passage du cyclone tropical Gezani. Une évaluation menée au mois de mars montre que plus de 60 % des ménages agricoles ont subi des pertes importantes de cultures. Le manioc, la vanille et le clou de girofle figurent parmi les productions les plus affectées. Les dégâts ont également touché les routes, les infrastructures de transport ainsi que les équipements de pêche, perturbant les activités économiques locales. Dans plusieurs localités, les réserves alimentaires des ménages restent très limitées. Les enquêtes réalisées sur le terrain estiment que les familles disposent en moyenne d’à peine vingt jours de stocks alimentaires.
Une amélioration progressive à partir de juin
Malgré ces difficultés, certains indicateurs montrent une légère amélioration de la situation nationale. Grâce aux récoltes précoces et au maintien des importations, les prix du riz local ont baissé depuis décembre 2025 dans les principaux centres urbains. À la fin du mois de mars, le kilogramme de riz se vendait entre 2 000 et 2 625 ariary, une évolution favorable pour les ménages dépendants des marchés pour leur alimentation. La situation nutritionnelle demeure toutefois sous surveillance dans plusieurs districts du Sud comme Ampanihy Ouest, Bekily, Beloha et Tsihombe, où la malnutrition aiguë dépasse les seuils d’alerte. Les prévisions annoncent néanmoins une amélioration progressive à partir de juin avec l’arrivée des récoltes de manioc et de patates douces, qui devraient permettre un meilleur accès à la nourriture dans plusieurs régions de Madagascar.




