Criquets dévastateurs : Une ombre menaçante sur la sécurité alimentaire mondiale
Les pestes acridiennes, déjà problématiques dans plusieurs régions africaines, pourraient prendre des proportions alarmantes en raison du dérèglement climatique, d'après une étude récente publiée dans Science Advances.
Dérèglement climatique
Les chercheurs mettent en lumière les liens entre les émissions de gaz à effet de serre, les conditions climatiques et la prolifération de ces immenses essaims de criquets, mettant ainsi en danger la sécurité alimentaire mondiale, et concerne bien évidemment, Madagascar. Les émissions massives de gaz à effet de serre, engendrées par l'activité humaine, ont des conséquences étendues sur le climat mondial. Outre les sécheresses, tempêtes et inondations, une nouvelle menace émerge : les invasions d'insectes. L'étude pointe du doigt le lien entre le dérèglement climatique et l'augmentation des pestes acridiennes, mettant en garde contre les implications potentielles sur l'agriculture mondiale. Depuis l'Antiquité, les pestes acridiennes, constituées d'immenses essaims de criquets, dévastent les cultures. Au cours de la dernière décennie, des régions d'Afrique, notamment l'est et Madagascar, ont été frappées par des épidémies acridiennes d'une ampleur préoccupante.
Des mesures préventives
En mai de l'année dernière, environ 50 000 hectares étaient infestés dans le Sud de la Grande Île. La nouvelle étude, basée sur l'analyse des données de l'ONU entre 1985 et 2020, révèle que ces invasions sont étroitement liées aux pluies abondantes et aux vents forts, créant un terreau favorable à la reproduction et à la mobilité des criquets. Face à cette menace, Madagascar a pris des mesures préventives pour atténuer l'impact des pestes acridiennes. Des initiatives ont été lancées pour surveiller de près les conditions météorologiques propices à la reproduction des criquets, permettant ainsi une intervention rapide en cas de menace imminente. Les autorités malgaches ont également renforcé la coordination entre les secteurs agricoles, environnementaux et météorologiques pour une réponse plus efficace et coordonnée.
Coopération internationale
Les chercheurs ont anticipé les évolutions possibles des pestes acridiennes dans les années 2065 à 2100, en fonction de différents scénarios de réchauffement planétaire. Les résultats sont préoccupants, suggérant que si le changement climatique persiste, les épidémies pourraient non seulement s'intensifier mais également se propager vers d'autres régions, mettant en péril l'agriculture à l'échelle mondiale. L'Inde, l'Afghanistan et le Turkménistan sont cités comme des zones potentiellement vulnérables. Face à cela, les chercheurs insistent sur la nécessité d'une coopération internationale pour lutter contre les épidémies d'insectes à l'échelle mondiale. "Compte tenu de la grande mobilité des criquets pèlerins, cela souligne que la coopération internationale serait cruciale pour contribuer à la lutte antiacridienne endémique et prévenir les invasions acridiennes mondiales", conclue le professeur Xiaogang He de l'Université nationale de Singapour, un des auteurs de l'étude. La sécurité alimentaire mondiale dépendra ainsi de la capacité des nations à collaborer efficacement pour contrer les effets néfastes du dérèglement climatique sur les pestes acridiennes.




