Animaux migrateurs : 20% de ces espèces sont menacées d'extinction
La quatorzième réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (COP14) a débuté lundi à Samarkand, en Ouzbékistan, mettant en lumière les menaces croissantes qui pèsent sur les espèces migratrices à travers le monde. Un rapport alarmant de l'ONU a révélé que plus de 20% de ces espèces sont actuellement menacées d'extinction, mettant en évidence l'urgence d'actions concertées.
Surexploitation et perte d'habitat
Les espèces migratrices jouent un rôle crucial dans les écosystèmes naturels en tant qu'agents de pollinisation et de dissémination des semences. Elles sont également des indicateurs sensibles des changements écologiques. À Madagascar, ces animaux migrateurs, tels que les oiseaux et les baleines, constituent des attractions majeures pour les écotouristes. Le Delta Mahavavy est un exemple, accueillant chaque année au moins 23 espèces migratrices. Cependant, ces espèces font face à des défis majeurs, avec près de la moitié d'entre elles en déclin, et 97% des poissons migrateurs au bord de l'extinction, selon le rapport de l'ONU. Les deux principales menaces identifiées sont la surexploitation et la perte d'habitat liée à l'activité humaine. Amy Fraenkel, cheffe du Secrétariat de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS), souligne l'importance des habitats spécifiques pour ces espèces.
Impact du changement climatique
Le rapport met également en avant l'impact du changement climatique en tant que menace directe et amplificateur d'autres menaces, comme la pollution et les espèces invasives. Le changement climatique, en modifiant les températures, perturbe les cycles migratoires, entraînant des arrivées trop précoces, trop tardives ou inexistantes d'espèces migratrices. De plus, des températures plus élevées influent sur la détermination du sexe chez certaines espèces, comme les tortues de mer. Malgré ces défis, le rapport souligne qu'il est possible de restaurer les populations et les espèces avec une action solide et coordonnée. Des exemples de succès, tels que la reprise des populations d'oiseaux à Chypre et le rétablissement de l'antilope saïga au Kazakhstan, sont cités.
Appelle à l’action urgente
À la COP14, les pays discutent des recommandations du rapport, notamment le renforcement des efforts contre le prélèvement illégal d'espèces migratrices, la protection des sites essentiels et la lutte contre la pollution. Le rapport appelle à une action urgente et fournit des recommandations prioritaires. Madagascar, ayant signé la Convention de Bonn au début des années 80, est également concerné par ces enjeux. Les milieux humides de Madagascar accueillent de nombreuses espèces migratrices, dont certaines endémiques et menacées. La préservation de ces habitats est cruciale pour garantir la survie de ces espèces uniques. La COP14 offre une opportunité aux gouvernements, aux organisations de protection de la faune et aux scientifiques de collaborer pour mettre en œuvre des mesures concrètes en faveur de la conservation des espèces migratrices. La situation critique de ces espèces exige une action immédiate pour garantir un avenir durable pour les écosystèmes et l'humanité tout entière.




