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AGRESSIONS SEXUELLES - Les enfants victimes d’inceste se multiplient

20/02/2023 05:49 © L'Express De Madagascar

Le viol défraye les chroniques. Certaines sont victimes d’un proche de leur entourage.

Une mère accablée est venue dénoncer un viol incestueux, auprès de l’association Maheri, une association qui prend en charge les victimes de violences basées sur le genre, dans la commune d’Ambohimanambola, vendredi matin.

«Son mari et elle ne vivent plus ensemble. C’est le mari qui a la garde de leurs enfants, dont deux filles âgées de 12 et de 8 ans. Le mari aurait abusé sexuellement de ces dernières. Leur grand-mère aurait constaté du sang sur la culotte de la deuxième. La mère veut récupérer ses filles, mais le père la menacerait », rapporte Saholy Rajaonarivony, assistance sociale et présidente de l’association Maheri.

Ce père de famille sera convoqué auprès de cette association, cette semaine. Ce cas n’est pas isolé. 40% des dossiers traités par l’association sont des cas de viol, et la majorité sont perpétrés par un parent. Le centre Vonjy à Befelatanana constate également l’augmentation du nombre des victimes de leur ascendant. « C’est écœurant », lance une assistance sociale, face à la hausse des cas d’inceste. Elle travaille auprès de ce centre qui prend en charge les enfants victimes de violence sexuelles. L’auteur est parfois le père de famille, comme le cas de la dernière plainte reçue par l’association Maheri. Μais il est également possible qu’il s’agisse de l’oncle, du frère, du cousin, du beau-père ou encore du grand-père. Les victimes sont souvent des enfants, mais des adultes n’échappent pas aux pulsions non maitrisables des violeurs. Souvent, les victimes n’osent pas dénoncer. « J’avais 21 ans, lorsque mon oncle s’est jeté sur moi pour me violer. Je n’en ai parlé à personne, car on ne me croira jamais. Cet oncle est riche et a une grande influence au sein de la famille », témoigne, une victime. D’autres familles règlent le problème à l’amiable. D’autres encore préfèrent se taire pour protéger l’auteur plutôt que la victime, afin d’éviter de salir la réputation de la famille, au grand dam de la victime. Pendant l’évènement populaire et artistique « Volagno moramora », qui s’est tenu à Ambohimanambola, vendredi, et qui vise à faire connaitre le mouvement de « Nifin’Akanga », dans la lutte contre toutes formes de violence à l’égard des femmes, les gens ont été encouragés à s’ouvrir sur ces sujets sensibles, et à dénoncer le viol et l’inceste. Selon le code pénal, « l’inceste est puni de travaux forcés à temps s’il a été commis sur la personne d’un enfant. Dans les autres cas, l’inceste est puni de la peine de cinq à dix ans d’emprisonnement et d’une amende de 4 000 000 à 20 000 000 ariary. »

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