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"Ils veulent que je me taise", dénonce la journaliste cubaine Yoani Sanchez

06/11/2026 23:00 © Afp

La journaliste cubaine Yoani Sanchez a dénoncé vendredi les "menaces" et les "pressions" de la police politique à son encontre, au lendemain de son arrestation de quelques heures à La Havane.

"Ils veulent que je me taise, ils veulent que je m'en aille", a dénoncé sur les réseaux sociaux cette figure du journalisme indépendant à Cuba, arrêtée jeudi matin en pleine rue dans la capitale, puis libérée en début de soirée.

Un peu plus tard, elle a dénoncé la présence de policiers "au bas de (s)on immeuble" pour l'"empêcher de sortir" de chez elle.

Une autre journaliste indépendante, Camila Acosta, ainsi que la jeune dissidente Anna Sofia Benitez ont également affirmé, sur le réseau social X, ne pas pouvoir quitter leur domicile en raison de la présence de forces de l'ordre.

Anna Sofia Benitez et sa mère ont été condamnées en octobre à deux années de "limitation de liberté", ce qui implique qu'elles ne peuvent pas sortir du pays, pour avoir filmé et diffusé sur les réseaux sociaux un agent qui venait leur remettre une convocation policière.

Outre Yoani Sanchez, la dissidente Berta Soler, 63 ans, dirigeante du mouvement des Dames en blanc, a été détenue plusieurs heures jeudi, avant d'être également libérée en début de soirée. Une autre membre du collectif a aussi été brièvement arrêtée.

"Propagande"

Yoani Sanchez, 51 ans, a expliqué vendredi, dans un message vidéo diffusé sur YouTube, avoir été arrêtée par "trois individus habillés en civil" de la Sécurité de l'État qui ne se sont pas identifiés, puis conduite dans un commissariat du Cerro, quartier de la Havane.

La journaliste, qui a fondé en 2014 le quotidien en ligne 14ymedio qu'elle dirige, a indiqué être accusée de "plusieurs chefs, parmi lesquels celui de +propagande contre l'ordre constitutionnel+". "Ceci a évidemment à voir avec mon travail", a-t-elle ajouté.

"Ils veulent que j'éteigne mon micro, mais je ne vais pas l'éteindre", a-t-elle poursuivi, disant vouloir l'utiliser dès vendredi pour reprendre son travail de journaliste et "raconter ce que j'ai vu dans ce cachot".

"J'ai constaté avec horreur que des dizaines, voire des centaines de Cubains sont arrêtés chaque jour à La Havane parce qu'ils n'ont pas une adresse de la capitale sur leur carte d'identité. On les appelle des +illégaux+ et on les expulse vers leurs provinces", a-t-elle dénoncé.

Yoani Sanchez a remporté en 2008 le prix Ortega y Gasset, l'une des plus importantes distinctions pour le journalisme en espagnol. Elle a figuré la même année dans le classement des 100 personnes les plus influentes au monde du magazine américain Time.

Son journal en ligne, critique de la gestion du gouvernement, dénonce régulièrement la censure et le harcèlement exercés par les autorités contre les opposants et les journalistes indépendants.

Selon une loi votée en 2023, les médias d'État, contrôlés par le Parti communiste, sont les seuls autorisés sur l'île.

Plusieurs médias indépendants en ligne ont toutefois vu le jour ces dernières années et survivent tant bien que mal dans un vide juridique. Les Cubains y accèdent grâce à un réseau privé virtuel (VPN).

Dans le classement mondial de la liberté de la presse 2026 publié par l'ONG Reporters sans frontières, Cuba occupe la 160e place sur 180 pays

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