COP31 : les pays vulnérables, comme Madagascar, attendent des financements à la hauteur d’El Niño
À l’approche de la COP31, prévue du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, en Turquie, la question du financement climatique s’impose parmi les priorités des pays vulnérables. Alors qu’un épisode El Niño particulièrement intense est attendu en fin d’année, Madagascar figure parmi les pays exposés aux risques de déficit pluviométrique, notamment dans le Sud et le Sud-Ouest. Une situation qui rappelle l’urgence de renforcer les moyens consacrés à l’adaptation au changement climatique.
El Niño accentue les risques climatiques
L’intensification du phénomène El Niño pourrait compliquer davantage la situation climatique mondiale au cours des prochains mois. Selon les perspectives de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’anomalie de température de surface de la mer dans la région Niño 3.4 pourrait avoisiner +3,8 °C en moyenne entre novembre 2026 et janvier 2027. Un niveau particulièrement élevé, dans un contexte déjà marqué par la multiplication des événements météorologiques extrêmes.
À Madagascar, les prévisions saisonnières de Météo Madagascar pour la période de novembre 2026 à janvier 2027 annoncent des conditions contrastées selon les régions. Plusieurs zones du Sud et de l’Ouest, notamment l’Androy, l’Atsimo-Andrefana et le Menabe, présentent un risque de précipitations inférieures à la normale. Certaines parties de l’Anosy, de l’Ihorombe et des Hautes Terres centrales sont également concernées. À l’inverse, les régions DIANA, SAVA, Analanjirofo et certaines parties d’Atsinanana pourraient enregistrer des précipitations normales à supérieures à la normale. Dans les zones exposées au déficit pluviométrique, les conséquences pourraient se faire sentir sur les activités agricoles, les ressources en eau et l’élevage. Les températures maximales pourraient, par ailleurs, atteindre 39 °C dans certaines parties de l’Ouest et du Sud durant les premières semaines de novembre, accentuant l’assèchement des sols.
Soutenir les secteurs les plus exposés
Ces perspectives mettent en évidence les difficultés auxquelles sont confrontés les pays en développement pour anticiper et limiter les effets du changement climatique. À la COP31, le financement climatique devrait ainsi occuper une place centrale dans les négociations. Les pays les plus vulnérables réclament davantage de ressources pour renforcer leur capacité d'adaptation, protéger leurs populations et réduire les conséquences économiques des phénomènes extrêmes.
Les inégalités dans la répartition des investissements illustrent l'ampleur du défi. Selon les données présentées par l’ONU, les économies émergentes et en développement, hors Chine, qui représentent près des deux tiers de la population mondiale, n'ont bénéficié que de 18 % des investissements mondiaux dans les énergies propres en 2025. En Afrique, environ 600 millions de personnes vivent encore sans accès à l'électricité, alors même que le continent dispose d'importantes ressources en énergies renouvelables. Pour les pays en développement, l'enjeu ne consiste donc pas uniquement à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il s'agit également de disposer de financements suffisants pour faire face aux conséquences du dérèglement climatique, notamment dans les secteurs les plus exposés comme l'agriculture, l'accès à l'eau et l'énergie.
Madagascar, vulnérable aux aléas météorologiques
Pour Madagascar, l'accès aux financements climatiques représente un enjeu particulièrement important au regard de sa vulnérabilité aux aléas météorologiques. Les risques annoncés pour la saison des pluies 2026-2027 soulignent notamment la nécessité de renforcer les dispositifs de gestion de l'eau, de protéger les activités agricoles et d'améliorer les systèmes d'alerte précoce. La préparation aux phénomènes climatiques ne concerne toutefois pas uniquement El Niño. Le dipôle de l'océan Indien (IOD), annoncé en phase positive, ainsi que la tendance négative du dipôle subtropical de l'océan Indien (SIOD), pourraient également influencer les conditions météorologiques régionales. Sur le plan cyclonique, Météo Madagascar prévoit entre zéro et deux systèmes susceptibles d'affecter directement le pays durant la saison 2026-2027.
Réunissant plus de 190 pays du 9 au 20 novembre à Antalya, la COP31 entend mettre l'accent sur la concrétisation des engagements climatiques. L'accès aux financements, l'adaptation, la réduction des émissions et l'accompagnement des pays les plus vulnérables figurent parmi les principaux dossiers attendus. Pour Madagascar et les autres pays en développement, l'enjeu sera de transformer ces discussions en moyens concrets pour mieux anticiper les crises climatiques et en limiter les conséquences sur les populations.





