"Paludisme d'aéroport" mortel à Francfort : des parasites importés d'Afrique par des moustiques
Les huit cas de "paludisme d'aéroport", dont trois mortels, survenus pendant l'été près de celui de Francfort ont été déclenchés par des parasites originaires d'Afrique, introduits en Allemagne par des moustiques, a indiqué la ville mercredi.
"Les analyses génétiques suggèrent que les agents du paludisme proviennent à l'origine d'Afrique de l'Ouest et ont probablement été introduits à Francfort par des moustiques infectés", explique le professeur Peter Tinnemann, directeur du service sanitaire de Francfort, dans un communiqué de la mairie.
L'expression "paludisme d'aéroport" désigne la forme particulière de cette maladie qui se développe quand un moustique anophèle infecté par un agent pathogène ### ici Plasmodium falciparum ### voyage à bord d'un avion d'une zone d'endémie à une zone indemne et contamine des humains.
Selon l'Institut de médecine tropicale (ITM) d'Anvers, en Belgique, qui a procédé à l'analyse génomique des huit cas de Francfort, les agents responsables proviennent de trois moustiques différents, correspondant à trois foyers distincts de juillet, août et septembre.
Sur les huit personnes, six qui avaient fréquenté l'aéroport sont tombées malades début juillet ou mi-août et deux en sont mortes. En septembre, ce fut le tour de deux personnes résidant dans un quartier à proximité immédiate, dont une est décédée.
Aucune des huit personnes n'avait auparavant séjourné dans une zone endémique.
Le paludisme fait chaque année des centaines de milliers de morts, principalement en Afrique subsaharienne.
Le précédent épisode de "paludisme d'aéroport" recensé en Allemagne remontait à 2023, selon l'Institut Robert Koch (RKI), l'agence sanitaire allemande. La rareté de cette maladie dans ce pays peut retarder le diagnostic et accroître le risque de complications graves.
Le paludisme de type Plasmodium falciparum est "complètement curable" s'il est détecté et traité à temps, insiste la mairie qui a demandé à ce que le personnel médical et hospitalier de la région soit sensibilisé aux symptômes évocateurs.





