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Électricité : le GAP du RIA reste important malgré les 3,4 MW supplémentaires de Malagasy Power

01/11/2026 16:58 © Moov.Mg

Malgré la mise en service d'une nouvelle centrale de 3,4 MW à Ambohimanambola, le déficit de production du Réseau interconnecté d'Antananarivo (RIA) reste une préoccupation majeure. Estimé à 18 MW par la JIRAMA en octobre, ce GAP continue de peser sur l'approvisionnement en électricité, au grand mécontentement des abonnés.

Un déficit de 18 MW encore enregistré en octobre

Les délestages continuent de perturber l'approvisionnement en électricité dans le Réseau interconnecté d'Antananarivo. Le 1er octobre, la JIRAMA faisait état d'un déficit de production de 18 MW, notamment lié à la baisse du niveau d'eau du barrage d'Andekaleka. Des coupures tournantes de deux heures étaient alors appliquées pendant les heures de pointe. La situation ne s'est pas améliorée au fil du mois. Le 16 octobre, plusieurs abonnés signalaient des interruptions pouvant atteindre trois heures, contre les deux heures annoncées initialement par la compagnie. Le 28 octobre, le déficit était toujours estimé à 18 MW. L'indisponibilité de la centrale thermique TAC 1 d'Ambohimanambola figurait également parmi les facteurs affectant la production.

Ces perturbations ont des répercussions directes sur les ménages et les activités économiques. Commerces ralentis, équipements professionnels à l'arrêt, difficultés de conservation des produits : les conséquences des coupures répétées s'ajoutent à l'imprévisibilité des horaires de délestage.

3,4 MW supplémentaires injectés dans le RIA

Le mécontentement des abonnés s'est notamment manifesté après la coupure survenue le 3 octobre à Ambohijatovo, qui avait interrompu le discours du Président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina. La JIRAMA avait expliqué que l'incident résultait d'une insuffisance de puissance sur une ligne haute tension de 35 kV alimentant notamment Ambohijatovo et Mandroseza. Ses excuses publiques avaient toutefois suscité des critiques sur les réseaux sociaux, des consommateurs dénonçant le manque de considération à l'égard des usagers confrontés quotidiennement aux délestages.

C'est dans ce contexte de déficit persistant qu'a été inaugurée, le 30 octobre à Ambohimanambola, la nouvelle centrale de Malagasy Power, filiale du groupe MADO. L'installation est équipée de deux groupes électrogènes de 1,7 MW chacun, soit une puissance totale de 3,4 MW destinée à renforcer la production électrique du RIA. Ce projet fait suite à l'appel lancé en mars 2026 par la JIRAMA et le ministère de l'Énergie et des Hydrocarbures aux opérateurs privés et partenaires, afin de mobiliser des capacités de production supplémentaires. Malagasy Power a répondu à cette sollicitation dans le cadre de cette démarche.

Un apport qui ne comble pas le GAP

Cette nouvelle installation intervient alors que la production hydroélectrique subit les effets de la baisse des ressources en eau, particulièrement pendant la saison sèche. Le renforcement des capacités thermiques doit ainsi contribuer à diversifier les sources d'approvisionnement et à réduire la dépendance du réseau aux variations de la production hydraulique. Malgré cette capacité supplémentaire, l'écart entre les besoins du RIA et la production disponible reste important. Avec un déficit annoncé de 18 MW en octobre, les 3,4 MW apportés par Malagasy Power ne représentent qu'une partie des besoins à couvrir.

La puissance installée ne signifie par ailleurs pas nécessairement que les équipements produiront en permanence à leur capacité maximale. Leur disponibilité effective et les contraintes du réseau influencent également la quantité d'électricité réellement distribuée. Le recours aux partenariats public-privé figure parmi les pistes privilégiées pour mobiliser des investissements et renforcer les capacités de production. Mais d'autres efforts restent nécessaires pour réduire durablement le déficit et améliorer la régularité de la distribution.

Madagascar ambitionne d'atteindre un taux d'accès à l'électricité de 80 % de la population à l'horizon 2030. Mais pour les consommateurs déjà raccordés, la priorité immédiate reste de disposer d'un service fiable, au-delà du simple accès au réseau.

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