Recettes fiscales : un objectif de 6 221,7 milliards d’ariary qui met l’État malgache au défi
Madagascar vise 6 221,7 milliards d’ariary de recettes fiscales intérieures en 2026. Pour atteindre cet objectif, l’État renforce les contrôles, cible les dossiers à forts enjeux et mise sur TOROHY, une plateforme de signalement des fraudes et des irrégularités fiscales. Les premiers chiffres montrent des progrès, mais l’objectif annuel reste à confirmer.
Des recettes en hausse, un objectif ambitieux
La loi de finances rectificative pour 2026 fixe à 6 221,7 milliards d’ariary la prévision des recettes fiscales intérieures. Pour les mobiliser, la Direction générale des impôts (DGI) prévoit notamment d’élargir l’assiette fiscale, de rationaliser certaines exonérations et d’intensifier le contrôle ainsi que le recouvrement des impayés.
Les résultats antérieurs soulignent l’ampleur du défi. En 2025, la DGI a collecté 5 280,98 milliards d’ariary, soit une hausse de 9,55 % par rapport à 2024. Toutefois, elle n’a réalisé que 93,83 % de son objectif annuel, laissant un manque à gagner de 347,42 milliards d’ariary, selon le rapport budgétaire du ministère de l’Économie et des Finances. Au premier quadrimestre 2026, les recettes fiscales de la DGI ont atteint 1 667,82 milliards d’ariary en net, en progression de 8 % par rapport à la même période de 2025. Cette évolution est encourageante, mais elle ne suffit pas à garantir l’atteinte de la cible annuelle, selon les experts.
Les contrôles ciblent les dossiers à forts enjeux
Au premier semestre 2026, les opérations de contrôle fiscal et douanier ont représenté 43,33 milliards d’ariary, contre 25,38 milliards sur la même période en 2025, soit une hausse d’environ 70,7 %, selon des chiffres relayés par la presse malgache. Pour les grandes entreprises, les montants associés aux contrôles de la DGI sont passés de 23,60 milliards à 41,27 milliards d’ariary, une progression de 74,9 %. Le nombre de dossiers contrôlés serait parallèlement passé de 435 à 119, ce qui traduit une stratégie davantage concentrée sur les dossiers à forts enjeux financiers.
TOROHY, un outil contre la fraude
Lancée le 9 octobre 2026, la plateforme numérique TOROHY permet aux citoyens de signaler des faits présumés de fraude fiscale, de corruption et des irrégularités impliquant des agents fiscaux ou des contribuables. Accessible depuis le site de la DGI, elle recueille également les avis des usagers sur les services fiscaux.
Selon le ministère de l’Économie et des Finances, les pertes liées à la fraude fiscale et à la corruption pourraient représenter environ 5 % du PIB, soit près de 800 millions de dollars par an. Il s’agit d’une estimation avancée par les autorités, et non d’un montant de recettes dont la récupération serait acquise. L’impact de TOROHY dépendra du traitement des signalements, des enquêtes et des suites données aux faits établis. Au 22 octobre 2026, aucun bilan chiffré de ses résultats n’est encore disponible dans les communications officielles consultées.
À l’approche du budget 2027, l’enjeu est de transformer les objectifs fiscaux en recettes réellement encaissées pour financer les services publics et les investissements, notamment dans les routes, l’eau, l’électricité, la santé et l’éducation.





