Éducation à Madagascar : les écoles dirigées par des femmes affichent de meilleurs résultats
Les écoles primaires dirigées par des femmes enregistrent des résultats scolaires plus favorables sur plusieurs indicateurs, selon une note que vient de publier l’IIPE-UNESCO. Les écarts observés concernent notamment la progression des élèves et la réussite au CEPE, avec un rôle déterminant de la qualification des responsables.
Une directrice associée à de meilleurs résultats
Les élèves des écoles primaires dirigées par des femmes affichent de meilleurs résultats sur plusieurs indicateurs scolaires à Madagascar. C’est l’un des constats d’une note d’orientation de l’Institut international de planification de l’éducation de l’UNESCO (IIPE-UNESCO), réalisée avec le ministère de l’Éducation nationale, dans le cadre du programme Women in Learning Leadership (WiLL).
D’après les données étudiées sur la période 2017-2021, la présence d’une directrice est associée à un taux de promotion supérieur de 0,34 point de pourcentage à celui des écoles dirigées par des hommes, à caractéristiques comparables. L’écart atteint 0,55 point pour les filles. Cette association est observée aussi bien en milieu urbain que dans les zones rurales reculées. La différence apparaît également aux examens. Le taux de réussite au certificat d’études primaires et élémentaires (CEPE) est supérieur de 0,89 point de pourcentage dans les établissements dirigés par des femmes, toutes choses comparables par ailleurs.
Les filles davantage concernées par ces écarts
L’association entre le genre de la direction et les résultats scolaires se manifeste particulièrement dans la progression des filles. Selon la note, l’écart de taux de promotion en leur faveur se renforce à mesure qu’elles avancent dans le cycle primaire. La présence d’une directrice pourrait ainsi contribuer à limiter leur abandon scolaire. Les résultats au CEPE montrent également des différences selon le milieu. L’association positive est notamment observée chez les filles dans les zones rurales reculées et chez les garçons dans les zones rurales moins isolées. Ces chiffres doivent toutefois être interprétés avec prudence. Ils mettent en évidence des associations statistiques, mais ne prouvent pas que le genre de la direction explique, à lui seul, les écarts de résultats.
Pour l’IIPE-UNESCO, les compétences des responsables scolaires pèsent fortement sur les performances des élèves. En milieu rural, les écoles dirigées par des femmes qualifiées sont associées à de meilleurs résultats, tant pour les filles que pour les garçons. À l’inverse, une direction féminine sans qualification est associée à des résultats moins favorables pour les garçons dans ces zones.
Les directrices, des modèles pour les filles
Les entretiens menés auprès d’acteurs du système éducatif suggèrent plusieurs explications. Les directrices organiseraient plus fréquemment des rencontres avec les parents et des séances de rattrapage. Elles seraient également plus attentives au suivi de la présence des enseignants et au respect des obligations administratives. La gestion des relations au sein de l’école pourrait aussi jouer un rôle. Les directrices sont décrites comme davantage portées vers la conciliation dans la résolution des conflits. Leur présence peut également offrir aux filles des modèles auxquels s’identifier et favoriser les échanges sur leurs difficultés scolaires.
Malgré ces constats, les femmes ne représentent que 35 % des responsables des écoles primaires publiques à Madagascar. Dans le privé, leur proportion atteignait 55 % en 2021. Leur présence varie fortement selon les territoires, de 9 % à plus de 80 % selon les circonscriptions scolaires. Les directrices sont plus nombreuses dans les zones urbaines et dans les régions où les enseignantes sont davantage représentées. Les normes sociales, la charge de travail, les risques de harcèlement et les difficultés d’accès à la formation freinent encore leur progression vers les postes de direction.
Mieux accompagner les responsables scolaires
Le programme WiLL, initiative conjointe de l’IIPE-UNESCO en Afrique, de l’initiative Priorité à l’égalité et du centre de recherche UNICEF Innocenti, vise à promouvoir des pratiques de direction favorables à l’équité et à la qualité de l’éducation. À Madagascar, ses travaux ont été menés en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale.
La note recommande de clarifier les critères de nomination, de renforcer la formation et l’accompagnement des responsables scolaires et d’améliorer leurs conditions de travail, notamment dans les zones reculées. Elle préconise également de mieux prévenir le harcèlement et de lutter contre les normes sociales qui limitent l’accès des femmes aux postes de direction.





