Sud de Madagascar : le massif de Saririaky, une piste pour mieux comprendre la Lune
Photographié depuis la Station spatiale internationale le 28 août 2026, le massif de Saririaky, dans le sud de Madagascar, présente une roche également très répandue sur les hauts plateaux lunaires. Cette formation vieille d’au moins 600 millions d’années pourrait aider les scientifiques à mieux comprendre l’histoire géologique de la Lune.
Une roche terrestre que l’on retrouve sur la Lune
Le paysage rocheux de Saririaky, dans le sud de Madagascar, a attiré l’attention depuis l’espace. Un astronaute à bord de la Station spatiale internationale (ISS) a photographié, le 28 août 2026, cette formation géologique qui se distingue par son aspect clair au milieu d’un environnement aride. Sa particularité réside dans sa composition. Le massif est constitué d’anorthosite, une roche magmatique également très présente sur les hauts plateaux de la Lune. Ces régions claires, visibles depuis la Terre, couvrent une grande partie de la surface lunaire.
À Madagascar, l’affleurement rocheux de Saririaky s’étend sur environ 100 km². Selon les recherches géologiques citées dans le communiqué, sa formation remonte à la fin du Précambrien, il y a au moins 600 millions d’années.
Un témoin des collisions continentales
Le massif de Saririaky ne raconte pas uniquement l’histoire géologique de Madagascar. Les roches qui l’entourent portent les traces de puissantes déformations survenues au cours de l’histoire de la Terre. La zone est notamment marquée par des forces tectoniques qui ont étiré et remodelé les roches sous l’effet de températures et de pressions élevées. Ces transformations seraient liées, en grande partie, à la collision d’anciennes masses continentales lors de la formation du Gondwana, un supercontinent qui regroupait notamment des territoires correspondant aujourd’hui à l’Afrique, à Madagascar, à l’Inde, à l’Australie et à l’Antarctique.
Des chercheurs avancent également l’hypothèse que Saririaky était autrefois relié à un autre massif d’anorthosite situé à une soixantaine de kilomètres au nord. Les déformations tectoniques auraient étiré puis fragmenté cet ensemble rocheux.
Une comparaison utile pour étudier la Lune
L’intérêt scientifique de Saririaky dépasse les frontières de Madagascar. L’anorthosite constitue une matière essentielle pour comprendre les premières étapes de la formation de la Lune. Selon les scientifiques, cette roche s’est formée sur la Lune il y a plus de quatre milliards d’années, lorsque sa surface était recouverte d’un vaste océan de magma en fusion. En refroidissant, celui-ci a permis à certains minéraux de cristalliser et de s’accumuler pour former une partie de la croûte lunaire primitive.
Les échantillons rapportés sur Terre par les astronautes des missions Apollo permettent déjà d’étudier ces matériaux. Mais les quantités de roches lunaires disponibles restent limitées. Les formations terrestres comparables offrent donc aux chercheurs des possibilités supplémentaires pour analyser les processus géologiques à l’origine de l’anorthosite. Avec Saririaky, Madagascar possède ainsi un exemple de roche terrestre susceptible d’éclairer les recherches sur l’évolution de notre satellite naturel.





