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Rapport Planète Vivante 2026 : 41 % des espèces malgaches menacées, le WWF mise sur les actions locales

08/10/2026 12:36 © Moov

Le Rapport Planète Vivante 2026 du WWF, sorti ce 8 octobre, alerte sur l’état de la biodiversité à Madagascar. Selon le rapport, 41 % des espèces répertoriées dans le pays seraient menacées d’extinction, dont 98 % des espèces de lémuriens. Face à cette situation, plusieurs actions menées avec les communautés montrent toutefois que le rétablissement reste possible.

41 % des espèces malgaches sous pression

La situation malgache s’inscrit dans un déclin mondial préoccupant. À l’échelle internationale, la taille moyenne des populations d’animaux sauvages suivies a diminué de 73 % en 52 ans. En Afrique, cette baisse atteint 80 %.
Ces tendances se traduisent à Madagascar par la dégradation des habitats naturels et une pression croissante sur les espèces endémiques, rapporte le WWF Madagascar. Les forêts naturelles sont particulièrement exposées à l’exploitation minière, à la conversion des terres et à l’exploitation illégale du bois. Entre 2002 et 2025, Madagascar aurait ainsi perdu 1,2 million d’hectares de forêts primaires humides, soit environ 25 % de leur superficie.
D’un côté, les écosystèmes marins subissent également plusieurs pressions. Dans l’archipel de Nosy Hara, au nord du pays, 344 des 369 espèces de coraux recensées dans l’océan Indien occidental sont présentes. Pourtant, le réchauffement des eaux, la surpêche, la pollution et les pratiques destructives fragilisent ces récifs. En mars 2025, 38 % des coraux observés présentaient déjà des signes de blanchissement.

Des espèces montrent que le rétablissement est possible

Malgré ce constat, le WWF souligne que la tendance n’est pas irréversible. La moitié des populations intégrées à l’Indice Planète Vivante sont stables ou en augmentation. À Madagascar, certaines espèces montrent aussi des résultats encourageants grâce aux efforts de conservation menés avec les communautés.
Le Simpona (Propithecus candidus), l’un des lémuriens les plus rares au monde, reste classé en danger critique d’extinction, avec moins de 300 individus matures recensés. Pourtant, 20 groupes avaient été observés sur 13 sites en 2022. La surveillance communautaire, la lutte contre le braconnage et la sensibilisation contribuent à sa protection.
La tortue radiée (Astrochelys radiata) bénéficie également de mesures de conservation. Sa densité était estimée à seulement 0,53 individu par hectare en 2023. La surveillance des zones sensibles, le sauvetage et la réintroduction des tortues saisies participent à sa sauvegarde.
Le maki catta (Lemur catta) a, de son côté, perdu 50 % de sa population en 36 ans. Toutefois, des populations importantes subsistent sur certains sites prioritaires, notamment à Antanimena, où 11,6 individus par hectare ont été recensés.

Les communautés au cœur des solutions

Pour le WWF, la protection des espèces doit aller de pair avec une transformation des activités qui exercent une pression sur la nature. À Madagascar, l’agroforesterie, la plantation d’arbres fruitiers et la culture hors sol constituent déjà des pistes pour concilier production, restauration des écosystèmes et revenus des communautés.
D’autres activités, comme l’écotourisme communautaire, l’apiculture et la pisciculture, peuvent également contribuer à créer des revenus durables. L’enjeu concerne aussi l’énergie. La forte dépendance au bois de chauffe et au charbon de bois accentue la pression sur les forêts. Selon les données de la Banque mondiale citées par le WWF, 95 % des ménages malgaches utilisent principalement ces sources pour l’énergie et la cuisson.
« La contribution de chacun est nécessaire, aussi petite soit-elle », souligne Dresy Lovasoa, Conservation Manager de WWF Madagascar. Pour l’organisation, les résultats obtenus sur le terrain doivent encourager une accélération des efforts de conservation et des transformations économiques. À Madagascar, l’objectif est désormais de multiplier ces actions locales pour faire des signes d’espoir observés chez certaines espèces une véritable inversion de la tendance.

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