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Nationale

Mariage des enfants : Vers un âge minimum de 18 ans sans exception

02/10/2026 09:46 © Moov

Madagascar a réuni jeudi à Antananarivo des parlementaires, membres du gouvernement, partenaires techniques et financiers, société civile et leaders communautaires autour d’un atelier de plaidoyer visant à renforcer la lutte contre le mariage des enfants. L’objectif est clair : supprimer toute exception à l’âge légal du mariage fixé à 18 ans et mieux protéger les enfants concernés.

Un phénomène qui persiste malgré les lois

Le Projet de Gouvernance SDSR du Forum Parlementaire de la SADC, en collaboration avec le Caucus Genre, le Réseau Parlementaire National pour la Justice Reproductive (RPNJR), le ministère de la Population, l’UNFPA et l’UNICEF, a organisé cette rencontre de haut niveau pour accélérer les réformes juridiques.
Les chiffres restent préoccupants. Selon l’enquête MICS 2025, 42 % des femmes âgées de 20 à 24 ans à Madagascar ont été mariées ou mises en union avant l’âge de 18 ans, contre 40 % en 2018. Le pays figure ainsi parmi les États les plus touchés par cette pratique à l’échelle mondiale.
Pour Raby Savatsara, députée de Farafangana et présidente du Caucus Genre, cette situation constitue une forme de violence envers les enfants. Les conséquences peuvent être lourdes, notamment sur la santé des jeunes filles dont le corps n’est pas encore prêt à une grossesse. Les risques de complications obstétricales, comme les fistules, s’ajoutent aux violences psychologiques et à l’abandon que peuvent subir certaines victimes.

Harmoniser la loi et renforcer la protection

Si la loi malgache fixe déjà l’âge du mariage à 18 ans, elle autorise encore des dérogations pour « motifs graves ». Le plaidoyer actuel vise à supprimer cette exception afin d’établir une interdiction claire et sans ambiguïté.
« Il n’est pas permis de marier un enfant avant l’âge de 18 ans, sans conditions », résume l’UNICEF. Une proposition de loi portée par le président du Caucus Genre a déjà franchi une étape au Parlement, signe d’un engagement jugé encourageant par les acteurs du dossier.
Au-delà du volet légal, les participants insistent sur la nécessité d’agir sur le terrain, particulièrement dans les régions du Sud et de l’Ouest telles que l’Androy, l’Anosy, l’Atsimo-Andrefana, l’Atsimo-Atsinanana ou encore le Melaky.
L’atelier doit déboucher sur des recommandations, une feuille de route commune et des engagements institutionnels. Les acteurs plaident également pour l’introduction de sanctions, le renforcement de la prévention et un meilleur accompagnement des enfants déjà touchés. L’ambition est de garantir à chaque enfant le droit de grandir, d’étudier et de choisir librement son avenir.

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