Projet eCITES : Madagascar numérise le contrôle du commerce des espèces sauvages
Madagascar se dote d’un nouvel outil numérique pour encadrer les échanges internationaux d’espèces sauvages protégées par la CITES. Lancé officiellement le 21 septembre à Antananarivo, le projet eCITES doit moderniser la délivrance des permis, faciliter les démarches des opérateurs et renforcer le suivi des transactions par les autorités.
Un meilleur suivi des transactions
Le nouveau dispositif doit progressivement remplacer les procédures traditionnelles de gestion des autorisations CITES par un traitement électronique. La solution ASYCUDA eCITES permettra notamment aux opérateurs de déposer leurs demandes en ligne, tandis que les autorités pourront examiner les dossiers, délivrer les permis et enregistrer les transactions sur une même plateforme. Le lancement a réuni près de 40 représentants du ministère de l’Environnement et du Développement durable (MEDD), des douanes, du Secrétariat de la CITES, de la CNUCED, des autorités scientifiques, du secteur privé et de la société civile. Une démonstration du système a permis aux participants de suivre les différentes étapes, de la demande de permis jusqu’à la production des rapports annuels.
Au-delà de la dématérialisation des démarches, eCITES doit surtout améliorer la traçabilité du commerce des espèces sauvages. La plateforme prévoit une gestion sécurisée des pièces justificatives, une conservation structurée des données et la production automatisée de rapports. Pour les autorités, l’enjeu est de disposer d’informations plus facilement accessibles sur les transactions enregistrées. Le système doit ainsi renforcer les capacités de surveillance et faciliter la déclaration des données relatives au commerce des espèces couvertes par la Convention.
Faciliter le commerce légal
La numérisation concerne également les opérateurs engagés dans des activités commerciales autorisées. L’interaction en ligne avec les administrations doit réduire certaines formalités et rendre le traitement des demandes plus lisible. Le dispositif est conçu pour accompagner le commerce légal tout en maintenant les contrôles prévus par la CITES. Une meilleure circulation de l’information entre les différents acteurs doit notamment contribuer à faciliter les vérifications lors des opérations transfrontalières.
L’outil revêt une importance particulière pour Madagascar, qui abrite une biodiversité comprenant de nombreuses espèces endémiques. Le fosa, le caméléon de Parson et la mantella dorée figurent notamment parmi les espèces inscrites à la CITES. La Convention encadre le commerce international de plus de 41 000 espèces de faune et de flore sauvages. Son système de permis vise à garantir que les échanges concernés soient légaux, durables et traçables. Pour Madagascar, la modernisation des procédures doit donc renforcer les moyens disponibles pour appliquer ces règles.
Une plateforme appelée à évoluer
Le lancement du projet intervient après une semaine de travaux techniques menés entre les experts d’ASYCUDA et l’équipe nationale eCITES. Des ateliers organisés à Antsirabe ont permis d’examiner les procédures nationales, de définir les paramètres du système et d’établir une feuille de route pour son déploiement. La prochaine étape prévoit l’adaptation de la plateforme aux exigences malgaches, ainsi que des actions de renforcement des capacités et de formation des utilisateurs. Madagascar adopte la version eCITES v3, basée sur une architecture open source, interopérable et sécurisée.
À terme, eCITES doit également poser les bases d’une interconnexion avec les systèmes douaniers et d’autres outils de gestion des frontières. Cette perspective pourrait faciliter les contrôles en rapprochant les informations relatives aux autorisations CITES des opérations commerciales internationales. Pour Ivonne Higuero, secrétaire générale de la CITES, cette évolution accompagne la transformation numérique des échanges internationaux. Le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Andriatsihala Nolave Luck Aristide, a pour sa part présenté eCITES comme un outil destiné à renforcer la transparence, l’efficacité et la responsabilité dans la gestion du commerce de la faune et de la flore malgaches.
Financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), avec l’appui du Secrétariat de la CITES, le projet doit désormais entrer dans sa phase de mise en œuvre. Son fonctionnement à pleine capacité devra permettre aux autorités de disposer d’un dispositif numérique plus structuré pour autoriser, suivre et déclarer les échanges internationaux d’espèces sauvages.




