École Bleu Outremer : Helga Ravelohasina, une chercheuse malgache au cœur d’une mission scientifique en mer
La chercheuse et docteure malgache en océanographie Helga Ravelohasina, de l’Institut halieutique et des sciences marines (IH.SM) de l’université de Toliara, prend part à l’École Bleu Outremer 2026. Elle fait partie des 18 jeunes de l’océan Indien embarqués à bord du Marion Dufresne II, du 18 septembre au 8 octobre, pour suivre au plus près une mission consacrée notamment à la surveillance du volcan sous-marin de Mayotte.
L’océan Indien devient, pendant près de trois semaines, le terrain d’apprentissage de 18 jeunes originaires de Madagascar, de La Réunion, de Mayotte, des Comores, des Seychelles et de Maurice. À bord du Marion Dufresne II, ils prennent part à la campagne océanographique MAYOBS 36 aux côtés des scientifiques et de l’équipage. Parmi les participants figure Helga Ravelohasina, chercheuse et docteure malgache en océanographie. Représentant l’IH.SM de l’université de Toliara, elle participe à cette deuxième édition de l’École Bleu Outremer avec l’objectif de se confronter directement aux réalités de la recherche scientifique en mer et d’échanger avec d’autres chercheurs de la région.
L’École Bleu Outremer a été créée en 2020 par l’Ifremer et la direction générale des Outre-mer (DGOM). Son principe repose sur celui d’une « université flottante », où le navire sert à la fois de laboratoire, de lieu de formation et d’espace d’échanges. Durant leur traversée, les participants découvrent les différentes étapes d’une mission océanographique. Ils assistent aux opérations, échangent avec les scientifiques et participent à certaines activités de recherche. Le programme prévoit également des conférences, des présentations et des visites des différents postes de travail du navire.
Sur les traces du volcanisme sous-marin
Pour Helga Ravelohasina, cette immersion représente aussi une occasion d’élargir son expérience professionnelle. « Participer à l’École Bleu Outremer est pour moi une occasion unique de vivre pleinement la recherche en mer, de partager mon expérience de chercheuse malagasy et d’enrichir mes connaissances au contact d’autres scientifiques de l’océan Indien », souligne-t-elle.
La mission conduit les jeunes participants vers plusieurs zones d’étude. Une première étape est consacrée au mont sous-marin La Pérouse, encore peu documenté. Les équipes scientifiques y réalisent notamment des opérations de cartographie, des observations par caméra ainsi que des prélèvements de roches et d’eau. Ces travaux doivent permettre de mieux connaître l’histoire volcanique de cette formation sous-marine, mais aussi les écosystèmes qui s’y développent. Les participants seront également associés à l’étude de la biodiversité et à la recherche d’ADN environnemental.
A la découverte de la zone volcanique au large de Mayotte
À partir du 24 septembre, le programme se concentrera davantage sur la campagne MAYOBS 36, dédiée au suivi de l’activité sismo-volcanique sous-marine de Mayotte. Les jeunes pourront observer et accompagner les scientifiques dans la cartographie des fonds marins, l’analyse de la colonne d’eau ou encore l’étude des émissions de fluides et de particules.
L’expédition se déroule notamment au niveau du volcan sous-marin Fani Maoré et du site du Fer à cheval. Les participants découvriront les techniques utilisées pour suivre l’évolution de cette zone volcanique située au large de Mayotte. Ils pourront également observer le fonctionnement du réseau d’instruments installés sur les fonds marins, notamment les sismomètres. Ces équipements fournissent des données permettant aux scientifiques de suivre l’activité sismique et de mieux comprendre l’évolution du système magmatique.
Sur le chemin du retour vers La Réunion, les jeunes commenceront à trier et à analyser les données recueillies durant la mission. L’expérience doit ainsi les familiariser avec l’ensemble du processus scientifique, de l’observation sur le terrain à l’exploitation des résultats.
Une rencontre entre plusieurs territoires
Au-delà des sciences, l’École Bleu Outremer mise sur les échanges entre jeunes issus de formations et de territoires différents. Les participants viennent notamment d’universités et d’établissements de formation de La Réunion, de Mayotte, des Seychelles, de Maurice et de Madagascar. Ils sont accompagnés par dix encadrants aux profils variés, parmi lesquels des enseignants-chercheurs, des ingénieurs, des professionnels du secteur maritime, des artistes et des spécialistes de la communication scientifique. Pour la chercheuse malgache, cette dimension régionale compte autant que l’expérience scientifique. Elle considère l’expédition comme une opportunité de « créer des liens et de renforcer les collaborations pour mieux comprendre et préserver nos écosystèmes marins ».
L’École Bleu Outremer entend également faire sortir la recherche des seuls cercles scientifiques. Des étudiants artistes et une illustratrice scientifique participent à l’expédition pour documenter les différentes étapes de la mission. Carnet de bord collectif, interviews, posters de vulgarisation, livret d’embarquement, ateliers d’écriture et lexique multilingue du vocabulaire marin figurent notamment au programme. Les productions réalisées pendant la traversée seront en partie réunies dans un carnet et présentées au public à Mayotte et à La Réunion après l’expédition.




