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Choc climatique : 280 000 élèves malgaches affectés par les perturbations scolaires en 2025

11/09/2026 15:29 © Moov.Mg

À Madagascar, les sécheresses, les cyclones tropicaux et les inondations ont perturbé la scolarité de 280 000 élèves au cours de l’année 2025. C’est ce que révèle une nouvelle analyse de l’UNICEF publiée le 10 septembre 2026, qui mesure pour la première fois l’ampleur mondiale des perturbations scolaires liées aux aléas climatiques.

Plus de 171 millions d’élèves concernés dans le monde

Les perturbations scolaires liées au climat n’ont pas épargné Madagascar. Au cours des douze mois de 2025, le pays a été confronté à plusieurs épisodes de sécheresses, de cyclones tropicaux et d’inondations. Ces différents aléas ont affecté la scolarité de quelque 280 000 élèves sur le territoire national, selon l’analyse de l’UNICEF. Madagascar figure, ainsi, parmi les 40 pays ayant connu plusieurs épisodes de perturbations scolaires liées au climat tout au long de l’année 2025. Une succession de chocs qui peut réduire le temps consacré aux apprentissages et compliquer davantage le retour à une scolarité normale pour les élèves concernés.

À l’échelle mondiale, le phénomène prend une ampleur considérable. Plus de 171 millions d’élèves, soit un enfant sur dix de l’enseignement préprimaire à l’enseignement supérieur, ont vu leur scolarité perturbée par des aléas climatiques en 2025. L’analyse, intitulée « Learning Interrupted : Global Snapshot of Climate-Related School Disruptions in 2025 », porte sur les données de 106 pays et territoires. Elle recense notamment les suspensions de cours, les dégâts causés aux établissements scolaires, la réduction du temps d’enseignement, la baisse de la fréquentation et le risque accru de décrochage.

Les tempêtes ont constitué la principale cause de ces perturbations, avec 109 millions d’élèves affectés dans le monde. Les inondations ont concerné au moins 70 millions d’élèves, tandis que les vagues de chaleur ont perturbé la scolarité d’environ 50 millions d’enfants.

Des conséquences jusque sur l’économie

Si les perturbations climatiques touchent des élèves dans toutes les catégories de revenus, les trois quarts des enfants concernés vivent dans des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire inférieur. Dans ces contextes, les systèmes éducatifs disposent souvent de ressources limitées pour maintenir les apprentissages lorsque surviennent des catastrophes. Les conséquences dépassent par ailleurs la seule fermeture temporaire des écoles. Les dégâts aux établissements et aux infrastructures d’assainissement, les déplacements de populations ou encore les pertes de revenus des familles peuvent compromettre durablement la scolarité.

Les filles sont particulièrement exposées au risque de décrochage. Lorsque les conditions de vie se dégradent, elles peuvent être amenées à assumer davantage de responsabilités familiales ou à parcourir de plus longues distances pour aller chercher de l’eau. Ces contraintes peuvent également accroître le risque de mariage précoce et rendre plus difficile leur retour en classe.

Pour l’UNICEF, les interruptions d’apprentissage constituent également un enjeu économique. La perte de temps scolaire et l’augmentation des abandons peuvent réduire les compétences acquises, affecter la productivité future de la main-d’œuvre et ralentir les efforts de réduction de la pauvreté. L’organisation estime que l’inaction face aux conséquences des perturbations enregistrées en 2025 pourrait se traduire par une perte potentielle d’au moins 200 milliards de dollars de revenus sur l’ensemble de la vie active des élèves concernés. « Pour des millions d’enfants, les aléas climatiques ne se contentent pas de perturber les cours, ils détruisent aussi leurs écoles, déracinent leur famille et privent les plus vulnérables d’entre eux, en particulier les filles, de la possibilité de retourner un jour en classe », a déclaré Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF.

Miser sur des écoles plus résilientes

Face à cette situation, l’UNICEF met en avant plusieurs solutions déjà expérimentées dans différents pays. Il s’agit notamment d’intégrer la résilience climatique dans la planification de l’éducation, de renforcer les infrastructures scolaires et de garantir la continuité des apprentissages pendant et après les crises. L’organisation encourage également l’intégration des enjeux climatiques dans les programmes scolaires, afin de permettre aux enfants et aux jeunes d’acquérir les connaissances et les compétences nécessaires pour s’adapter aux changements de leur environnement.

L’UNICEF appelle, ainsi, les gouvernements et leurs partenaires à accroître les financements consacrés à la résilience du secteur éducatif, à investir dans des infrastructures capables de résister aux chocs climatiques et à améliorer les systèmes de données sur le climat et l’éducation. L’objectif est de mieux anticiper les perturbations, d’y répondre rapidement et de faciliter le relèvement. Cette analyse intervient quelques mois après la publication, en juin 2026, du Rapport 2026 de l’UNICEF sur les risques climatiques pour les enfants. Celui-ci indiquait que près de la moitié des enfants dans le monde, soit 1,1 milliard, sont exposés à au moins trois aléas climatiques susceptibles de menacer leur santé, leur éducation et leur survie.

« Les aléas climatiques mettent en péril la vie et l’avenir des enfants », a ajouté Catherine Russell. Pour l’UNICEF, la protection de l’éducation passe désormais par des écoles et des systèmes éducatifs capables de résister aux chocs climatiques.

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