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Nationale

El Niño : Madagascar et 12 autres pays ciblés par le plan d’urgence de l’UNICEF

02/09/2026 11:02 © Moov.Mg

L’UNICEF tire la sonnette d’alarme face au renforcement annoncé du phénomène El Niño en Afrique de l’Est et australe. L’agence onusienne recherche d’urgence 173 millions de dollars pour financer des actions préventives et vitales au bénéfice des enfants et des familles de 13 pays prioritaires, dont Madagascar. Plus de 162 millions d’enfants de la région pourraient être exposés aux conséquences de cet épisode climatique.

Agir avant la crise

L’UNICEF appelle à ne pas attendre l’apparition des conséquences les plus graves d’El Niño pour intervenir. Sur les 173 millions de dollars recherchés dans le cadre de son Programme d’action humanitaire pour les enfants (HAC) 2026, le financement doit notamment permettre de prépositionner des fournitures nutritionnelles, renforcer les services de santé et garantir l’accès à l’eau potable et à l’assainissement.

L’organisation veut également anticiper les perturbations de la scolarité, renforcer la protection des enfants contre les violences et l’exploitation, et améliorer les dispositifs de protection sociale capables de répondre rapidement aux chocs climatiques. « La menace d’El Niño s’accroît et les risques pour les enfants sont déjà manifestes », alerte Etleva Kadilli, directrice régionale de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe.

162 millions d’enfants exposés

Selon l’UNICEF, plus de 162 millions d’enfants, soit plus des deux tiers des enfants de l’Afrique de l’Est et australe, vivent dans des zones susceptibles d’être touchées par les conséquences du phénomène. Sécheresses, vagues de chaleur extrêmes et inondations risquent d’affecter simultanément la nutrition, la santé, l’accès à l’eau, l’éducation et la protection des enfants. Les impacts varieront selon les régions. L’Afrique de l’Est pourrait connaître davantage d’inondations pendant la saison des courtes pluies, tandis que la faiblesse des précipitations et des récoltes pourrait accentuer l’insécurité alimentaire en Afrique australe. Les conséquences sanitaires et sociales pourraient se prolonger jusqu’en 2027.

Madagascar figure parmi les pays d’Afrique australe placés en situation de « très haute préoccupation » face aux conséquences attendues d’El Niño, aux côtés du Malawi et du Mozambique. Les prévisions climatiques annoncent un épisode potentiellement exceptionnel, avec une probabilité supérieure à 90 % qu’il atteigne une intensité « très forte », selon les modèles de la NOAA et les perspectives du Forum climatique régional d’Afrique australe (SARCOF). La Grande Île pourrait cependant connaître des effets contrastés. Dans le Sud et le Centre, les précipitations pourraient être inférieures aux normales et irrégulières, accentuant le risque de sécheresse. Le Nord pourrait, à l’inverse, recevoir davantage de pluies, avec un risque accru de crues et d’inondations.

Moins de 1 % des financements pour prévenir

Cette situation intervient à un moment particulièrement sensible pour Madagascar. La période d’octobre à avril correspond à une étape déterminante du calendrier agricole, durant laquelle les agriculteurs préparent les terres, sèment et assurent le développement des premières cultures. Le risque est amplifié par une situation alimentaire déjà fragile. À la mi-2026, près de 2,6 millions de personnes étaient confrontées à une insécurité alimentaire aiguë correspondant à la phase 3 ou plus de la classification IPC. Dans le Grand Sud, les stocks alimentaires des ménages diminuent déjà, tandis qu’une période de soudure plus précoce est redoutée dès octobre.

Malgré l’urgence, moins de 1 % de l’aide humanitaire internationale est actuellement consacré aux actions préventives. Pour l’UNICEF, investir avant le déclenchement d’une crise permet pourtant de sauver des vies, de limiter les besoins humanitaires et de préserver les acquis du développement. L’agence estime qu’un dollar investi dans la réduction des risques de catastrophe peut permettre d’économiser jusqu’à 15 dollars sur les coûts futurs de rétablissement. Elle appelle donc à un financement rapide et flexible des mesures d’anticipation, alors qu’une fenêtre d’action reste ouverte avant l’intensification des effets d’El Niño.

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