Terres rares - Le projet d’Ampasindava revient sur le devant de la scène
Le projet de terres rares d’Ampasindava bénéficie d’un nouveau soutien financier américain, alors que les préoccupations environnementales persistent.
Biodiversité menacée
Un financement américain de 4,8 millions de dollars relance le projet d’extraction de terres rares dans le nord-ouest de Madagascar. La société australienne Harena Rare Earths et l’International Development Finance Corporation (DFC), l’organisme américain chargé des investissements à l’étranger, ont annoncé ce financement le 7 août. Le projet concerne un site situé face à la baie d’Ampasindava, dans le nord-ouest du pays. Harena Rare Earths a obtenu une concession de 300 km² en octobre 2022. L’entreprise prévoit d’exploiter des terres rares contenues dans des argiles ioniques.
Pour la DFC, ce financement doit renforcer l’approvisionnement des États-Unis en minéraux critiques. Les terres rares entrent notamment dans la fabrication d’aimants permanents, de technologies de pointe et de certains équipements de défense. Selon Harena Rare Earths, le site pourrait contenir plus de 660 000 tonnes d’oxydes de minerais, dont du dysprosium, du néodyme et de l’europium. Le projet soulève toutefois des inquiétudes sur son impact environnemental. Le site se trouve près d’une zone naturelle protégée, dans une région reconnue pour sa richesse en biodiversité. Plus d’un millier d’espèces végétales, dont environ 700 endémiques, avaient été recensées dans cette zone en 2015.
Retombées économiques
Les préoccupations environnementales remontent à plusieurs années. En 2017, une pétition s’était opposée à un précédent projet d’exploitation des terres rares dans la région. Les signataires alertaient notamment sur les risques de pollution liés aux méthodes d’extraction. La zone compte plus de 33 000 habitants, dont une grande partie dépend de la pêche et de l’agriculture. La vanille, le cacao et le café figurent parmi les principales productions locales. Le Comité de réflexion et d’action pour le développement et l’environnement du Sambirano (Crades) avait également alerté sur les conséquences possibles de l’exploitation minière.
Harena Rare Earths affirme toutefois que le nouveau projet limitera les impacts sur l’environnement. Les premières extractions pourraient commencer en 2028, avec une production annuelle estimée à environ 4 000 tonnes d’oxydes de terres rares. Au-delà de l’environnement, le projet pose la question des retombées économiques pour Madagascar. Le pays produit déjà du nickel, du cobalt, du graphite et de l’ilménite. Selon la CNUCED, une grande partie de la valeur issue de ces ressources reste toutefois captée à l’extérieur du pays. L’organisation recommande donc davantage de transformation locale et de liens entre l’activité minière et l’économie nationale.




