Journée africaine de l’état civil : Madagascar mise sur un registre fiable
À l’occasion de la Journée africaine de l’enregistrement des faits d’état civil et des statistiques de l’état civil, célébrée ce 10 août, Madagascar réaffirme sa volonté de renforcer son système d’état civil. L’objectif est notamment de disposer d’un registre fiable, capable de garantir l’identité juridique des citoyens et de fournir des données utiles à la planification du développement.
Un registre fiable comme priorité
À Madagascar, le renforcement de l’état civil s’inscrit dans une démarche de long terme. Le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Rakotonandrasana Hanitra Velonjara Tiaray a rappelé, à l’occasion de cette journée, que « l’enregistrement des faits d’état civil est un projet à long terme ». L’objectif actuel est de rendre le registre plus fiable, à travers notamment l’accompagnement des collectivités territoriales décentralisées (CTD).
Selon le ministre, « les CTD ont été appuyées techniquement, logistiquement et financièrement » afin de contribuer à l’amélioration du système. Cet appui doit permettre de renforcer l’enregistrement des naissances, mariages et décès, mais également de disposer de statistiques plus fiables pour orienter les politiques publiques. L'enrôlement biométrique, qui se poursuivra prochainement, est également, une des stratégies, pour atteindre cette fiabilité des registres, continue-t-il.
L’enjeu dépasse en effet le simple cadre administratif. Un acte de naissance constitue notamment une preuve d’existence juridique et facilite l’accès à plusieurs droits fondamentaux, dont l’éducation, les soins de santé, la citoyenneté et la protection sociale.
Vers une nouvelle décennie de digitalisation
À l’échelle africaine, cette journée marque également la transition vers une nouvelle décennie CRVS, prévue pour 2027-2036. Elle devrait s’appuyer sur trois priorités : l’interopérabilité, la décentralisation et la digitalisation des systèmes d’état civil. L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) rappelle que malgré les progrès réalisés, des millions de personnes, notamment dans les zones rurales et éloignées, restent privées d’une identité juridique. Près de 150 millions d’enfants dans le monde ne seraient toujours pas enregistrés à la naissance.
Depuis 2020, l’OIF indique avoir accompagné dix États membres, formé plus de 10 000 acteurs de l’état civil et contribué à l’enregistrement de plus de 600 000 personnes. À Madagascar, en Guinée, au Cameroun, au Tchad et au Togo, plus de 3,8 millions de personnes ont également été sensibilisées à l’importance de l’identité juridique.




