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Après les cyclones, Toamasina II et Mahanoro menacés par une crise alimentaire

28/07/2026 15:29 © Moov.Mg

Les conséquences des cyclones tropicaux qui ont frappé Madagascar entre février et mai 2026 pourraient encore peser sur la sécurité alimentaire de plusieurs districts. Selon l’analyse humanitaire de l’OCHA pour la période d’avril à juin 2026, Toamasina II et Mahanoro figurent parmi les zones où une situation de crise alimentaire est attendue entre juillet 2026 et mai 2027, en raison des pertes agricoles enregistrées.

Les interventions d’urgence menées après le passage de plusieurs cyclones tropicaux ont permis d’éviter une dégradation immédiate de la situation alimentaire dans les zones touchées. Toutefois, les dégâts causés sur les cultures continuent de produire leurs effets.

Des récoltes fortement affectées par les cyclones

Dans certains districts particulièrement affectés, les pertes de récoltes enregistrées au mois de mai pourraient entraîner une entrée en phase de crise alimentaire (Phase 3 de l’IPC ou Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire). C’est notamment le cas de Toamasina II et de Mahanoro, qui devraient connaître cette situation entre juillet 2026 et mai 2027, selon l’analyse de l’Organisation des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Cette période correspond à une phase où les ménages agricoles disposent de moins de ressources, avec une dépendance accrue aux marchés pour se nourrir.

Au niveau national, la situation humanitaire devrait aussi se détériorer dans les prochains mois sous l’effet combiné de plusieurs facteurs : l’insécurité alimentaire, la sécheresse prolongée dans certaines régions, les conséquences des cyclones, les épidémies en cours et les risques liés au phénomène El Niño. Entre octobre 2026 et février 2027, plus de 3,7 millions de personnes pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire de niveau IPC 3 ou supérieur. Parmi elles, environ 426 000 personnes pourraient se retrouver en situation d’urgence alimentaire (IPC 4). La région du Grand Sud resterait la plus vulnérable. Cette aggravation serait liée à la période de soudure, à l’épuisement des stocks alimentaires, à la hausse des prix sur les marchés et à la faiblesse des financements destinés aux réponses humanitaires.

Renforcement du phénomène El Niño

Durant la période de juin à septembre 2026, plus de 2 millions de personnes, soit environ 7 % de la population malgache, devraient déjà faire face à une insécurité alimentaire de niveau crise ou pire. Parmi elles, 183 000 personnes seraient en situation d’urgence, toutes localisées dans le Grand Sud. Même si cette situation représente une amélioration par rapport aux 2,57 millions de personnes concernées entre mars et mai 2026, elle reste plus préoccupante que lors de la crise alimentaire de 2021, considérée comme la plus grave connue par Madagascar depuis plus de quarante ans. Les sept districts du Grand Sud sont actuellement concernés par un niveau d’insécurité alimentaire d’urgence, avec une hausse importante du nombre de personnes classées en IPC 4.

L’OCHA alerte également sur l’impact potentiel d’un renforcement du phénomène El Niño, qui pourrait provoquer des précipitations inférieures à la normale dans le Grand Sud au cours des prochains mois. Cette situation pourrait aggraver les difficultés déjà observées après plusieurs mois de déficit pluviométrique. Sur le plan nutritionnel, la situation demeure également préoccupante. Plus d’un demi-million d’enfants de moins de cinq ans pourraient souffrir de malnutrition aiguë entre mai 2026 et avril 2027, dont environ 78 500 cas considérés comme critiques.

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