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Nationale

Sécurité maritime : Madagascar teste sa capacité à répondre aux incidents de migration irrégulière

02/07/2026 08:49 © Moov.Mg

Les autorités malgaches évaluent depuis hier 1er juillet 2026, à Mahajanga, leur capacité à faire face aux incidents de migration maritime irrégulière. Pendant trois jours, un exercice de simulation grandeur nature met à l'épreuve la coordination entre les institutions chargées de la sécurité en mer, des opérations de sauvetage et de l'assistance humanitaire.

Exercice de simulation SIMEX

Comment réagir si une embarcation transportant des migrants en détresse est signalée au large des côtes ? Les différents services de l'État peuvent-ils coordonner rapidement leurs interventions ? Les procédures existantes sont-elles suffisamment efficaces ? C'est à ces questions que tente de répondre l'exercice de simulation (SIMEX) lancé hier à Mahajanga par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), en partenariat avec les autorités malgaches.

Treize institutions nationales participent à cet exercice destiné à examiner les capacités institutionnelles et opérationnelles du pays face à des situations de migration maritime irrégulière. L'objectif n'est pas seulement de tester les moyens disponibles, mais aussi d'identifier les points forts et les insuffisances afin d'améliorer la réponse nationale avant qu'un véritable incident ne survienne. Le choix de Mahajanga n'est pas anodin. Le littoral nord-ouest de Madagascar, long de plus de 1 950 kilomètres, constitue l'une des zones maritimes les plus sensibles du pays. Cette façade maritime est régulièrement confrontée à des défis liés aux traversées clandestines, à la migration irrégulière et à la traite des personnes. Dans ce contexte, les interventions mobilisent souvent plusieurs administrations appelées à agir rapidement malgré des informations parfois limitées.

Amélioration des capacités de recherche et de sauvetage

Pour reproduire ces conditions, l'exercice est organisé selon un scénario réaliste réparti sur trois journées. Après une première phase consacrée aux briefings et à la préparation des équipes, la deuxième journée d’aujourd’hui sera marquée par une simulation menée simultanément au poste de commandement et sur le terrain, notamment au port de Mahajanga et dans la baie de Bombetoka. Les participants y testeront leurs capacités de recherche et de sauvetage, les dispositifs de sécurité maritime ainsi que la coordination entre les différents services engagés. La dernière journée est réservée à l'analyse des résultats afin d'identifier les améliorations à apporter aux procédures existantes.

Pour Roger Charles Evina, chef de mission de l'OIM à Madagascar, ce type d'exercice permet de mesurer concrètement l'efficacité des mécanismes de coordination. Selon lui, il s'agit d'une étape indispensable pour déterminer ce qui fonctionne déjà et les domaines nécessitant un appui supplémentaire, qu'il s'agisse des équipements, des formations ou des outils numériques mis à la disposition des autorités. Même constat du côté de l'Agence Portuaire, Maritime et Fluviale (APMF). Son directeur des opérations en mer, Hantra Julien Rakotomanga, estime que cette mise en situation permet aux institutions intervenant sur les frontières maritimes de vérifier leurs procédures dans des conditions proches de la réalité. Les enseignements tirés de ces trois jours devraient ainsi renforcer leur capacité d'intervenir efficacement lorsqu'un incident réel se produira.

Des frontières plus intelligentes

Cet exercice constitue également la première mise en œuvre opérationnelle des investissements réalisés ces derniers mois dans le cadre du projet « Créer des frontières plus intelligentes : améliorer les voies de mobilité régulière et sûre, la connectivité et l'intégration en Afrique grâce à la numérisation ». Doté d'un financement de trois millions de dollars du Gouvernement du Japon, ce programme est mis en œuvre par l'OIM dans quatre pays africains : Madagascar, l'Éthiopie, le Rwanda et la Côte d'Ivoire.

Depuis le début de l'année, plusieurs actions ont été engagées à Madagascar. En avril, des équipements spécialisés ont été remis à la brigade canine des Douanes, tandis que des agents chargés de la gestion des frontières ont bénéficié de formations sur la gestion intégrée des frontières et l'analyse des données. En mai, des kits mobiles du système numérique MIDAS ont été déployés pour la première fois dans le domaine maritime, au port de Mahajanga, afin de moderniser le contrôle aux frontières. L'exercice actuellement mené réunit pour la première fois l'ensemble de ces moyens, agents formés, nouveaux équipements et outils numériques, dans un même dispositif opérationnel. Au-delà du simple entraînement, il doit permettre aux autorités d'évaluer le niveau de préparation du pays face aux risques liés à la migration maritime irrégulière et de renforcer durablement la sécurité des frontières maritimes malgaches.

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