Hong Kong: l'ex-président d'un syndicat de journalistes condamné à une peine de prison
Un tribunal de Hong Kong a rejeté vendredi l'appel de l'ex-dirigeant du principal syndicat de journalistes de ce territoire semi-autonome chinois contre sa condamnation pour entrave à l'action de policiers, confirmant une peine de cinq jours de prison.
Ronson Chan, ancien président de l'Association des journalistes de Hong Kong, avait été arrêté par la police, qui a affirmé qu'il avait refusé de présenter sa carte d'identité et avait été "non coopératif" lors d'un contrôle en 2022 par deux policiers en civil alors qu'il allait couvrir une réunion de copropriétaires de logements sociaux.
La police hongkongaise dispose de pouvoirs étendus en matière d'arrestation et de fouille et les résidents n'ont que des recours limités pour s'opposer à un contrôle d'identité.
En première instance en 2023, un juge avait estimé que M. Chan avait agi avec "imprudence" et "porté atteinte à l'ordre public".
Une juge a confirmé vendredi cette décision, condamnant le journaliste chevronné de 45 ans à cinq jours de prison. Son avocat a déclaré à la presse qu'ils envisageaient de faire appel.
L'Association des journalistes de Hong Kong s'est dite dans un communiqué préoccupée par l'impact de cette décision sur le journalisme, exposant potentiellement les professionnels des médias "à des risques juridiques supplémentaires lors de la couverture d'événements".
Pour Beh Lih Yi, directrice pour la région Asie-Pacifique du Comité pour la protection des journalistes, l'emprisonnement de Ronson Chan "sur des accusations futiles et absurdes d'entrave à l'action de la police n'est rien d'autre qu'une tactique d'intimidation destinée à réduire au silence la couverture médiatique". Les journalistes "ne devraient pas être empêchés de faire leur travail", a-t-elle ajouté.
Des critiques estiment que la liberté de la presse s'est réduite à Hong Kong depuis que Pékin y a imposé en 2020 une loi sur la sécurité nationale, certains responsables de rédactions locales ayant depuis été inculpés ou emprisonnés pour l'avoir enfreinte.
Le mois dernier, l'ONG Reporters sans frontières a placé Hong Kong au 140e rang sur 180 pays et territoires dans son classement mondial de la liberté de la presse.
Les autorités locales ont affirmé que le paysage médiatique de Hong Kong était "resté dynamique" depuis la mise en oeuvre des lois sur la sécurité, soulignant que "la liberté de la presse et d'expression n'est pas absolue".




