Souveraineté sanitaire : Madagascar rejoint le plaidoyer africain pour plus d’autonomie
En participant au Comité Ministériel Africain de haut niveau sur la réforme du système mondial de la santé, Madagascar a porté un plaidoyer en faveur d’un financement plus autonome de son secteur sanitaire. Face à la dépendance persistante aux aides extérieures, la Grande Île mise sur des mécanismes durables pour renforcer la résilience de son système de santé et garantir un meilleur accès aux soins pour la population.
L’autonomie financière au cœur du plaidoyer
Madagascar a pris part, le 17 mai dernier à Genève, à la réunion du Comité Ministériel Africain de haut niveau sur la réforme du système mondial de la santé. La délégation malgache était conduite par la ministre de la Santé publique, le Dr Monira Managna, en marge de la 79e Assemblée mondiale de la Santé qui se déroule actuellement en Suisse. Cette rencontre a réuni plusieurs responsables africains autour d’un objectif commun : permettre aux pays du continent de reprendre davantage le contrôle de leurs politiques sanitaires. Les discussions ont notamment porté sur la nécessité pour l’Afrique de ne plus dépendre exclusivement des orientations et financements extérieurs dans la gestion de la santé publique.
Lors des échanges, Madagascar a défendu la nécessité de renforcer le financement interne du secteur de la santé. Les autorités malgaches estiment que la forte dépendance aux aides internationales fragilise les programmes sanitaires, surtout dans un contexte mondial marqué par l’incertitude économique et la fluctuation des financements des bailleurs. Le ministère de la Santé publique soutient ainsi la recherche de solutions innovantes capables d’assurer des ressources financières durables. Parmi les pistes évoquées figurent les taxes dédiées au financement de la santé ainsi que la mobilisation des contributions de la diaspora. Pour Madagascar, ces mécanismes pourraient progressivement réduire la vulnérabilité du pays face aux financements extérieurs.
Garantir l’accès aux soins pour tous
La réforme du système mondial de la santé a également été associée à la Couverture Sanitaire Universelle. Les participants ont insisté sur l’importance de garantir aux populations, notamment les plus vulnérables, un accès équitable aux soins de base. Madagascar a réaffirmé son engagement en faveur des soins de santé primaires. Le gouvernement entend poursuivre les efforts pour améliorer l’accès aux services de santé, particulièrement pour les femmes, les enfants et les habitants des zones éloignées. Cette orientation s’inscrit dans la volonté des autorités de bâtir un système de santé plus inclusif et plus résistant face aux crises.
À travers ce comité de haut niveau, les pays africains cherchent aussi à harmoniser leurs positions dans les grandes décisions internationales liées à la santé. Créé à l’initiative du CDC Afrique (une agence de santé continentale autonome de l'Union africaine), ce mécanisme ambitionne de faire du continent un acteur influent dans la gouvernance sanitaire mondiale. Pour Madagascar, cette participation représente une opportunité diplomatique et stratégique. Elle permet à la Grande Île de défendre ses priorités nationales tout en renforçant sa coopération avec les autres pays africains et les partenaires internationaux.




