Décision de politique monétaire : la Banque Centrale de Madagascar maintient son taux directeur à 12 %
Dans un contexte économique marqué par des incertitudes internationales et des pressions persistantes sur les prix, la Banque Centrale de Madagascar (BFM) a décidé de maintenir son taux directeur à 12 %. Une décision qui a été prise après la réunion trimestrielle de son Comité monétaire.
Cette orientation vise à contenir l’inflation tout en préservant la stabilité macroéconomique, alors que les indicateurs récents traduisent une évolution contrastée de la conjoncture.
Une inflation en ralentissement mais encore sous pression
Après un repli progressif en 2025, l’inflation poursuit sa tendance à la baisse en début d’année 2026. Cela a pu aller jusqu’à 6,1 % en janvier, avant de remonter légèrement à 6,8 % en mars, selon les données de la BFM. Cette évolution s’explique principalement par la hausse des prix des produits alimentaires, malgré une relative stabilité des produits de première nécessité.
Toutefois, les perspectives restent incertaines. Les risques inflationnistes demeurent élevés en raison de facteurs externes, notamment l’augmentation des prix du pétrole, du transport maritime et des intrants agricoles. À cela s’ajoutent des facteurs internes, comme les effets potentiels des hausses de salaires sur la demande. Dans ce contexte, la BFM anticipe une possible remontée temporaire de l’inflation avant un ralentissement progressif à partir de 2027.
Un environnement économique marqué par les incertitudes
La BFM se réfère également à l’international. À l’échelle mondiale, la croissance économique devrait ralentir, selon les prévisions du FMI, avec des risques accrus liés aux tensions géopolitiques. Cette situation affecte également l’Afrique subsaharienne, où la croissance est revue à la baisse, notamment pour les pays importateurs de pétrole.
À Madagascar, les effets de ces chocs externes se font déjà sentir. Les coûts de production augmentent, tandis que l’activité économique montre des signes de ralentissement. Les enquêtes de conjoncture révèlent une baisse généralisée des activités au premier trimestre 2026, avec des perspectives encore moroses pour les mois suivants.
Malgré ce contexte, certains indicateurs restent encourageants. L’ariary s’est apprécié face aux principales devises, soutenu par une amélioration du solde commercial et des entrées de devises liées aux projets de développement. Par ailleurs, les réserves de change atteignent l’équivalent de 7,3 mois d’importations, renforçant la résilience extérieure du pays.
En maintenant son taux directeur à 12 %, la Banque centrale confirme une politique monétaire prudente et restrictive. L’objectif est de consolider la trajectoire de désinflation tout en préservant la stabilité financière, dans un environnement économique encore fragile et incertain.




