Rapport « Africa's Children 2026 » de l’ONU : 1 milliard d’aide, mais des millions d’enfants vulnérables à Madagascar
Un nouveau rapport statistique des Nations Unies, intitulé « Africa's Children 2026 : Statistical Compendium », vient de sortir, et les chiffres concernant Madagascar interpellent. Entre les aides financières importantes reçues de l’étranger et les besoins immenses d’une population de plus en plus jeune, la Grande Île doit relever des défis de taille pour protéger l’avenir de ses enfants.
Madagascar, un pays d’enfants
Pour faire fonctionner ses services publics, Madagascar compte beaucoup sur le soutien de ses partenaires internationaux. Le rapport révèle que notre pays a reçu un montant total de 1 043 millions de dollars américain, au titre de l’aide publique au développement. Pour mieux comprendre ce chiffre, cela représente environ 7,0 % de la richesse totale produite par le pays en un an. Cette aide extérieure est comme une main tendue qui permet de financer des projets que l'État ne pourrait pas payer seul, notamment dans les domaines sociaux. Sans cet appui, de nombreux programmes destinés aux plus démunis seraient aujourd'hui menacés.
Le rapport confirme une réalité que nous voyons tous les jours dans nos rues : Madagascar est un pays d’enfants. Sur les 31 193 000 habitants que compte l'île en 2024, près de la moitié sont des mineurs. On dénombre exactement 14 742 000 enfants de moins de 18 ans. Avec une moyenne de 3,8 enfants par femme, la population continue de grandir rapidement. Cette situation signifie que chaque année, l'État doit construire plus d'écoles, former plus de maîtres et ouvrir plus de centres de santé pour accueillir ces nouveaux citoyens qui sont le futur de la nation.
Des efforts nécessaires pour la santé et l'éducation
Si des progrès ont été faits, la santé des plus petits reste une préoccupation majeure. Le document indique que sur 1 000 naissances, 62 enfants meurent encore avant d'atteindre leur cinquième anniversaire. C'est beaucoup moins qu'en l'an 2000, où l'on comptait 155 décès, mais cela reste un signal d'alarme. Le budget de l'État reflète ces priorités de façon inégale : si 16,9 % de l'argent public va à l'éducation, seulement 2,5 % est consacré à la santé. Ce manque de moyens dans les hôpitaux explique en partie pourquoi tant de familles peinent encore à faire soigner leurs enfants correctement.
Enfin, le rapport souligne des problèmes de société qui touchent directement la sécurité des mineurs. On apprend que 25 % des enfants malgaches sont obligés de travailler pour aider leur famille. De plus, le mariage précoce reste trop fréquent : 39 % des jeunes femmes sont mariées avant d'avoir 18 ans. Un autre point noir concerne l'identité : 74 % seulement des enfants de moins de 5 ans ont un acte de naissance officiel. Cela signifie qu'un enfant sur quatre n'existe pas aux yeux de l'administration, ce qui l'empêchera plus tard d'aller à l'école ou de trouver un travail déclaré. En bref, l'aide d'un milliard de dollars est une chance, mais elle doit servir en priorité à régler ces injustices quotidiennes.


