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Culture

Exposition : l’artiste Chloé Soafaniry Ramanankasina transforme la tresse en monument vivant, à l’IFM

26/04/2026 09:41 © Moov.Mg

Lauréate de la 9è édition du Prix Paritana, l’artiste Chloé Soafaniry Ramanankasina expose son projet « Renouer les tresses de son identité » à l’Institut Français de Madagascar jusqu'au 30 mai 2026. À travers une fusion entre design et art visuel, elle transforme le geste quotidien de la tresse en un puissant outil de transmission culturelle et de guérison personnelle.

Un regard neuf sur le tressage

Dans les ruelles d'Antananarivo comme dans les foyers les plus reculés de la Grande Île, le tressage est un rituel que l'on ne remarque plus, tant il fait partie du paysage. Pourtant, pour Chloé Soafaniry Ramanankasina, ce mouvement répété des mains constitue le cœur battant de notre héritage. Designer de formation, l'artiste a choisi de placer ce geste au centre de ses recherches durant sa résidence à la Cité internationale des arts à Paris. Son exposition, inaugurée ce 25 avril 2026 à l'Institut Français de Madagascar, invite le public à porter un regard neuf sur cette pratique. Elle démontre avec force que tresser n'est pas seulement un acte de coquetterie, mais une manière de construire une appartenance et une continuité historique.

L'exposition se déploie à travers une diversité de supports allant de la photographie aux archives, en passant par la vidéo. L'une des pièces maîtresses est une installation imposante de tresses en raphia, fruit d'un travail collectif intense. Pour réaliser cette œuvre, l'artiste a collaboré étroitement avec des artisanes locales dès son retour au pays. Cette démarche souligne la dimension sociale du projet, où le savoir-faire individuel s'efface derrière la puissance du groupe. En manipulant le raphia, Chloé Soafaniry Ramanankasina ne se contente pas de créer une forme, elle matérialise des liens invisibles. Les photomontages présentés viennent renforcer cette idée en insérant la tresse comme une matière vivante au milieu de scènes urbaines ordinaires, ravivant ainsi des connexions sociales que l'automatisme du quotidien nous avait fait oublier.

Création contemporaine malgache

Au-delà de la technique, l’exposition explore la dimension psychologique et intime du tressage. L’artiste évoque une transmission silencieuse, apprise auprès des mères, des sœurs ou des tantes, qui nécessite du temps et de l'attention. Ce moment suspendu devient alors un véritable espace de soin et de réappropriation de soi. En redécouvrant l'histoire du cheveu malgache, la lauréate du Prix Paritana a entamé un processus de guérison, acceptant des facettes de son identité autrefois mises de côté. Ce passage de l'intime au collectif permet de transformer une expérience personnelle en un langage universel. Comme l'a souligné Patrick Bosdure, directeur de l'IFM, lors du vernissage, ce projet incarne parfaitement l'esprit de la création contemporaine malgache : faire dialoguer la mémoire ancestrale avec les enjeux de l'avenir.

Avant de retrouver les murs d'Analakely, les travaux de Chloé Soafaniry Ramanankasina ont été présentés à Paris, notamment à la Fondation H. Ce retour aux sources permet aujourd'hui aux Malgaches de se réapproprier un récit qui leur appartient. L’exposition rappelle que l’identité n’est pas une notion figée, mais une tresse que l’on défait et que l’on refait sans cesse, enrichie par chaque génération. En parcourant les salles de l’Institut, le visiteur est invité à redécouvrir que la culture réside souvent dans les gestes les plus simples, pourvu qu’on accepte de les regarder avec le cœur.

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