Art contemporain : Chloé Soafaniry Ramanankasina transforme la coiffure en langage artistique, à l’IFM
Lauréate du Prix Paritana 2025, l’artiste et designer malgache Chloé Soafaniry Ramanankasina présente son exposition « Renouer les tresses de son identité » à l’Institut français de Madagascar. Une invitation accessible à tous pour explorer mémoire, culture et transmission à travers un geste du quotidien : le tressage.
Coiffure, un marqueur identitaire fort
À partir du 25 avril et jusqu’au 30 mai 2026, la galerie de l’Institut français de Madagascar accueille l’exposition « Renouer les tresses de son identité » de l’artiste Chloé Soafaniry Ramanankasina. Cette présentation s’inscrit dans la continuité de son parcours récompensé par le Prix Paritana 2025, un programme porté par la Fondation H en partenariat avec plusieurs institutions culturelles internationales. Cette distinction lui a permis de bénéficier d’une résidence de trois mois à la Cité internationale des arts à Paris, où elle a approfondi son projet avant de le présenter en France. L’exposition à Antananarivo marque ainsi un retour aux sources, en lien direct avec le public malgache.
Au cœur du travail de Chloé Soafaniry Ramanankasina se trouve un geste familier : tresser les cheveux. Mais derrière cette pratique quotidienne se cache un univers riche de significations. L’artiste s’intéresse au tressage comme un acte de transmission entre générations, un moment de partage où circulent histoires, savoir-faire et identités. À travers dessins, collages, photographies et vidéos, elle transforme ce geste intime en un langage artistique. Son exposition propose de regarder autrement ces instants souvent banals, pour en révéler la profondeur culturelle et sociale. Dans de nombreuses sociétés, y compris à Madagascar, la coiffure est un marqueur identitaire fort, parfois codifié, toujours porteur de sens.
Une artiste engagée
Née en 2000 à Toamasina, Chloé Soafaniry Ramanankasina vit aujourd’hui entre Madagascar et la France. Formée dans des établissements tels que l’École des Mines de Saint-Étienne, La Martinière Diderot et l’ESAD d’Orléans, elle poursuit actuellement un master en design prospectif. Son parcours se distingue par un engagement à créer des espaces d’expression, notamment à travers des initiatives comme Palabres et KBR, dédiées aux afrodescendants. Elle a également participé à des expositions collectives à Paris autour des identités culturelles.
Au-delà du cercle des amateurs d’art contemporain, cette exposition se veut accessible au grand public. L’entrée est libre, avec un vernissage prévu le 25 avril à 10h30. En mettant en avant un geste universel et familier, Chloé Soafaniry Ramanankasina propose une porte d’entrée simple vers des questions complexes.



